Pas une infériorité, mais une différence, un levier qui permet de se surélever.
Dans un premier temps, donc, la difficulté physique implique une réflexion individuelle, un effort personnel du handicapé, un désir de surmonter l'obstacle et de prouver à soi même et aux autres que son infirmité ne signifie nullement une infériorité, mais une différence.
Le caractère, du handicapé sera, de ce fait, plus trempé et il saura mieux se mesurer avec les épreuves qu'un homme qui n'aurait pas eu les mêmes
expériences.
C'est ainsi que l'histoire aura connu plusieurs handicapés qui ont marqués leur époque: il suffit de se souvenir du président des Etats-Unis pendant la seconde guerre mondiale , Franklin Roosevelt, qui dirigea son pays et tout l'occident contre l'Allemagne nazie, tout en étant hémiplégique et rivé sur sa chaise roulante.
Hélène Keller s'attira une renommée mondiale dans son combat pour l'intégration des infirmes dans la société, alors qu'elle était aveugle sourde et muette.
Ces quelques exemples suffisent à prouver que l'infirmité- loin d'être un obstacle- peut être au contraire un levier qui permet à l'individu de se surpasser; c'est ce qu'exprime l'hébreu "Nissayon", qui est l'occasion pour celui qui en est l'objet de se surélever- en hébreu "Ness", élément qui dépasse les autres.
Un impact pédagogique sur la société.
Mais au delà de l'effort humain, le handicap peut avoir un impact pédagogique, exerçant une influence sur toute la société…Alors qu'un premier regard sur un infirme peut entraîner au pire un rejet, au mieux un sentiment de pitié , ou encore un désir d'apporter de l'aide, l'inverse devrait se produire.
C'est le handicapé qui peut et doit créer des conditions d'amélioration de la société: de nombreuses associations d'aide aux infirmes, de nombreuses institutions professionnelles créées par des proches parents ont nettement contribué aussi bien à la prise de conscience de l'importance de ce phénomène qu'a l'amélioration des méthodes thérapeutiques et des procédés de rééducation.
L'intégration des handicapés dans la société- autant d'un point de vue sociologique que d'un aspect proprement éducatif- est devenue quelque chose de naturel et d'évident, alors que par le passe, le marginal, l'infirme était considéré comme un être malheureux, inspirant la pitié, relevant de l'assistance publique.
Etre à part n'implique nullement un déficit dans la valeur de l'individu, déficience n'est pas défaut.
Il n'aura jamais été question, ici, de se dérober à la vérité, de se dissimuler les difficultés inhérentes au handicap physique, mais de leur donner une orientation qui transforme le sujet déficient en objet devenu un objectif positif.
Cela peut se traduire par l'apologie suivante: Un homme de peine transportait chaque jour on l'entendait se plaindre de son sort et des difficultés de son travail.
Un jour on le voit porter le même fardeau, non moins lourd que d'habitude, mais au lieu de se plaindre, il danse et saute de joie."Que se passe t'il aujourd'hui?" lui demande t'on.
Et il répond :"les autre jours, je portais des cailloux sans valeur. Aujourd'hui, ce sont des diamants que je porte!"
Comprendre que le handicap peut être un diamant, tel est le message du juif croyant.