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Rabbin Emmanuel Chouchena
La Thora nous fait obligation d'associer l'handicapé à notre propre demeure et intérêt, faire participer l'autre à sa joie.
Il me semble que la responsabilité de la communauté est impliquée dans la conscience qu'on doit avoir d'une qualité d'approche du problème des handicapés dans la communauté juive.
Pour ma part il se trouve que j'ai eu un maître qui était aveugle, j'ai eu un grand père qui était aveugle, et qui ont eu la chance d'être des génies en matière de Thora.
Le choulhan Harouh et la Guemara nous dit qu'un juif ne peut vivre sans la communauté et celle ci se définit essentiellement par le minian, un groupe de dix personnes adultes et responsables, qui se réunissent pour étudier et pour prier .On dit que si, dans une ville, il n'y a pas dix personnes qui étudient, qui prient, la cité n'est pas viable. Or le problème se pose de savoir si les sourds muets, peuvent participer au minian.
Le Talmud dit que l'entendant qui ne parle pas participe au minian, le parlant qui n'entend pas participe également au minian.
Ne participe pas au minian celui qui est affublé de ces deux problèmes.
Pourquoi?
Ne pas parler, c'est ne pas pouvoir appeler au secours, ne pas entendre, c'est ne pas pouvoir écouter l'appel de l'autre.
On comprend très bien que si quelqu'un entend sans parler, il est vrai que lui ne pourra pas appeler la communauté à son secours, mais si la communauté lance un appel au secours,lui l'entendra, il va répondre,donc il y a association et intégration de la communauté.
Par ailleurs celui qui n'entend pas mais qui parle, lorsqu'il sera en difficulté, la communauté viendra lui répondre.
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Le Grand Rabbin Gilles Bernheim
«Et ton frère vivra avec toi». C’est sur cette injonction majeure de la Torah que reposerait l’exigence d’associer pleinement Notre prochain “handicapé” à notre vie. A notre vie quotidienne, notre vie économique, sociale, communautaire, familiale, affective... Mais malgré Des avancées réelles, Des prises de conscience ponctuelles, force est de constater que les handicapés nous ne les côtoyons toujours pas. Ou si peu. nous ne les “croisons” dans la rue, in dans les parcs, in à la synagogue, au spectacle, au travail... Ils restent encore trop souvent Des exclus: reclus non pas tant semble-t-Il, en raison des limitations qui leur sont imposées par leur handicap, que par Le seuil de tolérance extrêmement faible de la société à leur égard.
Dans ce fascicule, notre propos n’est évidemment pas de traiter Des problèmes liés au handicap de manière exhaustive. Le voudrions-nous, nous ne Le pourrions pas, nous ne Le saurions pas. Il n’y a pas un handicap, il y a Des handicaps. Handicap physique et handicap mental ne sauraient être mêlés dans une même approche, chaque handicap requiert de plus une démarche tout à fait spécifique. Les points de vue à aborder sont par ailleurs très nombreux (éducation, vie familiale, vie sexuelle et affective, vie sociale et professionnelle etc.) et ont été abordés ici et là, – trop peu encore –, par Des spécialistes, comme par des gens de terrain et d’expérience.
Notre objectif dans ce petit ouvrage, serait de tenter d’apporter un éclairage dans deux domaines relevant un tant soit peu de nos compétences.
Dans la première partie de ce fascicule, nous allons traiter Des questions relevant de ce qui est couramment appelé l’“éthique médicale”. Notre idée n’est pas de rendre compte de débats de spécialistes, mais de montrer comment certaines interrogations actuelles, comme certaines pratiques devenues presque banales, touchant notamment au diagnostic prénatal du handicap, interrogent profondément Notre humanité dans la capacité à accepter l’autre, tout autre, – mais d’abord l’“autre” handicapé – et ce, en se référant à Notre conception même de la vie.
Ces questions interrogent évidemment de manière spécifique Le judaïsme, et nous allons témoigner de la manière don't la tradition juive tente d’appréhender ces questions nouvelles. Nous sommes convaincus que Le mode sur lequel ces problèmes éminemment délicats et douloureux seront pensés et pris en charge à l’avenir, infléchira de manière déterminante l’évolution de nos sociétés.
Dans la seconde partie de Notre fascicule, Notre propos renverra davantage au vécu. Notre idée n’est pas de proposer Des solutions, Des remèdes, mais d’essayer de comprendre pourquoi il semble si difficile, voire insurmontable à beaucoup d’entre nous de vivre avec les handicapés, de vivre ensemble le handicap, de vivre ensemble tout simplement. De tenter d’analyser ce qui nous retient dans notre capacité à accepter l’altérité du handicapé, de donner peut-être Des orientations pour un travail de conscience, – osons Le mot! – qui nous autoriserait à lever nos blocages et nos peurs.
Nous verrons aussi comment la démarche religieuse et la tradition qui sont nôtres, disposent d’un potentiel moral, spirituel et social qui serait susceptible de nous guider et de nous soutenir, handicapés et non-handicapés ensembles, de nous aider à trouver les voies d’un ressourcement qui nous permettrait enfin de poser un cadre de vie commun.
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