Extraits de certaines conférences à l'occasion des assises nationales des juifs handicapés organisés par Naguilah.

Monsieur le grand Rabbin Joseph Sitruk.

Le probléme qui se pose me semble t'il est de savoir si oui ou non, des personnes atteintes d'un handicap quel qu'il soit, sont concernées par les mitsvot de la Tora, par la pratique quotidienne du judaïsme.En un mot la réponse est oui.
J'ai l'impression que de plus en plus, ce qui préoccupent les hommes, ce ne sont pas leurs devoirs, mais leurs droits. Dés qu'une nation accède à l'indépendance, ce qui importe pour les citoyens de nouvel état, c'est de savoir quels vont être leurs nouveaux droits.
Or voila que la Torah, lorsqu'elle parle d'un homme dés qu'il est adulte, l'appelle Bar mitsva, le fils du devoir, c'est- à-dire que la qualité d'homme n'ouvre pas un chapitre nouveau en matière de droits, mais en matière de devoirs.
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Docteur P.kensey (psychiatre)

Lorsqu'on me parle d"Handicapé", il y a immédiatement une histoire qui me vient à l'esprit:
"Sais tu la différence entre l'enfer et le paradis?
En enfer, les gens se trouvent devant des tables bien dressées, où il y a des nourritures parfaites, des gÀteaux, de tout ce que l'on veut . Mais leurs mains ne sont pas vraies, elles ressemblent à d'énorme fourchette, à d'énormes cuillères.
Quand ils veulent manger, ils n'arrivent pas à amener la nourriture à leur bouche tellement leurs membres sont énormes, ils voient tous ces plats avec lesquels ils ont envie de se restaurer et ils ne le peuvent pas: et ça c'est l'enfer.
Le paradis c'est différent : ils ont les mêmes tables devant eux avec de la nourriture, ils ont les mêmes membres énormes. Seulement au paradis ils ont compris une chose: c'est que chacun prend avec sa cuillère et la donne à celui qui est en face de lui, et ainsi tout le monde peut manger.
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Serge Trudeau (Témoignage)

Risquer sa vie pour ne pas passer pour un aveugle lorsque l'on est mal voyant, n'est-ce pas pratiquer un sport extrême?
Bien sûr, il est cependant beaucoup plus glorieux de risquer sa vie en tant que coureur automobile, navigateur autour du globe, ou grimpeur des plus hauts glaciers du monde.
Cependant, qui d'entre nous n'a pas déjÀ risqué sa vie en traversant une rue alors qu'il ne parvenait plus trop bien à voir les feux de circulation, qu'il n'arrivait plus à bien évaluer la vitesse du vélo, de la moto, de la voiture, du camion ou de l'autobus qui se dirigeait directement vers lui et ce, que se soit en plein jour, en fin de journée ou en pleine nuit.
S'agissait-il vraiment d'une simple question de vision ou d'inattention?
Ne pourrait-il pas aussi s'agir d'une manifestation extrême de notre incapacité d'admettre non seulement notre perte progressive de vision mais surtout la peur et même la honte toxique des conséquences au plan personnel et social qui en découlent.

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Docteur Roland Behar

Un des premiers aspects que le médecin doit prendre en compte est le dépistage de tout handicap.
Ce dépistage doit être le plus précoce possible. Une place particulière est également réservée lors de la révélation du handicap.
Le médecin attachera une importance centrale au climat psychologique qu'il va déterminer lors de cette révélation du handicap, car de toute manière il s'agira d'un traumatisme vécu comme une violence inouïe et ineffaçable, que les parents et la famille vont vivre et revivre et projeter dans leurs relations déterminant ainsi tout le futur.
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Monsieur le Rabbin D. Gottlieb

J'ai été surpris par ce titre de "sensibilisation du public aux problèmes des handicapés".
Que veut dire sensibilisation ? Il faut sensibiliser, c'est-à-dire rendre sensible, quand on regarde un dictionnaire au mot "sensible", on découvrira que c'est le contraire de "insensible".
Est ce à dire que ce public est composé de gens insensibles?
Si par conséquent le problème de la sensibilisation du public aux problèmes des handicapés se pose, c'est peut être parce que le public manque d'information.
Il ne faut pas nécessairement le sensibiliser mais lui montrer que des questions existent. Il faut donc informer pour que la sensibilité puisse se manifester.
Je voudrais porter un témoignage: Je crois que j'ai beaucoup grandi, le jour où un ami non voyant est arrivé à faire en sorte que j'utilise sans hésiter un vocabulaire que pendant un certain temps je n'osai pas employer.
Lorsque pour la première fois nous nous sommes séparés et que je suis arrivé à dire "Quand nous reverrons nous?"
J'ai pense avoir été "sensibilisé" au problème.

James Nakache membre de Naguilah

Je suis aveugle et les rabbanims m'ont autorisé à dire la bénédiction du matin "Qui a crée la lumière" parce que c'est une bénédiction collective.
Elle concerne tous ceux qui voient et l'aveugle doit prendre conscience que la lumière se trouve chez tous.
Mes maîtres, vous qui m'avez appris que l'échelle de Jacob existe, ne gardez pas la lumière, enseignez moi mon identité juive.
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Rabbin Emmanuel Chouchena

La Thora nous fait obligation d'associer l'handicapé à notre propre demeure et intérêt, faire participer l'autre à sa joie. Il me semble que la responsabilité de la communauté est impliquée dans la conscience qu'on doit avoir d'une qualité d'approche du problème des handicapés dans la communauté juive.
Pour ma part il se trouve que j'ai eu un maître qui était aveugle, j'ai eu un grand père qui était aveugle, et qui ont eu la chance d'être des génies en matière de Thora.
Le choulhan Harouh et la Guemara nous dit qu'un juif ne peut vivre sans la communauté et celle ci se définit essentiellement par le minian, un groupe de dix personnes adultes et responsables, qui se réunissent pour étudier et pour prier .On dit que si, dans une ville, il n'y a pas dix personnes qui étudient, qui prient, la cité n'est pas viable. Or le problème se pose de savoir si les sourds muets, peuvent participer au minian.
Le Talmud dit que l'entendant qui ne parle pas participe au minian, le parlant qui n'entend pas participe également au minian. Ne participe pas au minian celui qui est affublé de ces deux problèmes.
Pourquoi? Ne pas parler, c'est ne pas pouvoir appeler au secours, ne pas entendre, c'est ne pas pouvoir écouter l'appel de l'autre.
On comprend très bien que si quelqu'un entend sans parler, il est vrai que lui ne pourra pas appeler la communauté à son secours, mais si la communauté lance un appel au secours,lui l'entendra, il va répondre,donc il y a association et intégration de la communauté.
Par ailleurs celui qui n'entend pas mais qui parle, lorsqu'il sera en difficulté, la communauté viendra lui répondre.

* * *

Le Grand Rabbin Gilles Bernheim

«Et ton frère vivra avec toi». C’est sur cette injonction majeure de la Torah que reposerait l’exigence d’associer pleinement Notre prochain “handicapé” à notre vie.
A notre vie quotidienne, notre vie économique, sociale, communautaire, familiale, affective...
Mais malgré Des avancées réelles, Des prises de conscience ponctuelles, force est de constater que les handicapés nous ne les côtoyons toujours pas.
Ou si peu. nous ne les “croisons” dans la rue, in dans les parcs, in à la synagogue, au spectacle, au travail...
Ils restent encore trop souvent Des exclus: reclus non pas tant semble-t-Il, en raison des limitations qui leur sont imposées par leur handicap, que par Le seuil de tolérance extrêmement faible de la société à leur égard.
Dans ce fascicule, notre propos n’est évidemment pas de traiter Des problèmes liés au handicap de manière exhaustive.
Le voudrions-nous, nous ne Le pourrions pas, nous ne Le saurions pas.
Il n’y a pas un handicap, il y a Des handicaps.
Handicap physique et handicap mental ne sauraient être mêlés dans une même approche, chaque handicap requiert de plus une démarche tout à fait spécifique. Les points de vue à aborder sont par ailleurs très nombreux (éducation, vie familiale, vie sexuelle et affective, vie sociale et professionnelle etc.) et ont été abordés ici et là, – trop peu encore –, par Des spécialistes, comme par des gens de terrain et d’expérience.
Notre objectif dans ce petit ouvrage, serait de tenter d’apporter un éclairage dans deux domaines relevant un tant soit peu de nos compétences.
Dans la première partie de ce fascicule, nous allons traiter Des questions relevant de ce qui est couramment appelé l’“éthique médicale”.
Notre idée n’est pas de rendre compte de débats de spécialistes, mais de montrer comment certaines interrogations actuelles, comme certaines pratiques devenues presque banales, touchant notamment au diagnostic prénatal du handicap, interrogent profondément Notre humanité dans la capacité à accepter l’autre, tout autre, – mais d’abord l’“autre” handicapé – et ce, en se référant à Notre conception même de la vie.
Ces questions interrogent évidemment de manière spécifique Le judaïsme, et nous allons témoigner de la manière don't la tradition juive tente d’appréhender ces questions nouvelles.
Nous sommes convaincus que Le mode sur lequel ces problèmes éminemment délicats et douloureux seront pensés et pris en charge à l’avenir, infléchira de manière déterminante l’évolution de nos sociétés.
Dans la seconde partie de Notre fascicule, Notre propos renverra davantage au vécu. Notre idée n’est pas de proposer Des solutions, Des remèdes, mais d’essayer de comprendre pourquoi il semble si difficile, voire insurmontable à beaucoup d’entre nous de vivre avec les handicapés, de vivre ensemble le handicap, de vivre ensemble tout simplement. De tenter d’analyser ce qui nous retient dans notre capacité à accepter l’altérité du handicapé, de donner peut-être Des orientations pour un travail de conscience, – osons Le mot! – qui nous autoriserait à lever nos blocages et nos peurs.
Nous verrons aussi comment la démarche religieuse et la tradition qui sont nôtres, disposent d’un potentiel moral, spirituel et social qui serait susceptible de nous guider et de nous soutenir, handicapés et non-handicapés ensembles, de nous aider à trouver les voies d’un ressourcement qui nous permettrait enfin de poser un cadre de vie commun.

Madame Joëlle Bernheim psychologue

Mon propos est d'essayer de comprendre, d'expliquer un certains nombre d'attitudes qui peuvent se faire jour vis-à-vis des handicapés. Comprendre n'est pas résoudre les problèmes, comprendre n'est pas non plus excuser les faiblesses des uns et des autres. Mais être un peu plus clair avec ce qui motive nos engagements, avec ce qui détermine nos attitudes, permet quelques fois de surmonter des à priori, de dédramatiser des problèmes.
En bref comprendre nos attitudes nous rend plus disponibles, plus ouvert au dialogue dans un souci de connaissance et de respect mutuel.
L'obstacle essentiel à l'intégration des handicapés dans la société est d'ordre psychologique. IL est évidemment des facteurs réels que nous connaissons tous qui entravent et rendent malaisée cette intégration: le déficit psychologique, la maladresse, la non autonomie de déplacement etc..
Ces difficultés existent mais elles ne sont rien à côté des limitations imposées en sus par la société.
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Handicap physique atout spirituel?Lionel Cohn

La banalité de la conception négative du handicap physique est telle qu'il peut sembler outrecuidant de la réfuter.
On a tellement l'habitude de considérer les handicapés comme des êtres de "seconde zone", et d'envisager leurs proches comme des victimes d'un destin cruel que présenter et développer une opinion différente risque d'apparaître comme insensé.
A la limite, le handicapé ou son parent sont presque ressentis coupable de leur infirmité.
Avec les moyens modernes de la médecine, on devrait pouvoir éviter aujourd'hui la naissance d'un enfant handicapé: telle est malheureusement, la conception généralement répandue.
Ce que l'on va tenter de démontrer, ici, c'est que, par delà l'obstacle, le han dicap peut être une occasion de dépassement moral, et la rencontre avec une réalité nouvelle.
La souffrance ne saurait être inutile, et même si elle peut apparaître insupportable, elle doit- dans la perspective d'une acceptation de l'ordre divin dans le monde- apporter un enseignement, et avoir sa signification.
C'est cette signification que l'on va tenter ici de découvrir et de dégager dans trois domaines distincts: dans le domaine psychologique, personnel, dans le domaine éducatif, sociologique, et surtout dans le domaine métaphysique,spirituel.

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Madame Rachel Cohen, directrice de l'école de l'Alliance à Pavillon sous bois:

Je suis responsable d'une école secondaire de banlieue qui va de la sixième à la terminale, école qui a été ouverte il y a vingt ans, dans la Seine Saint Denis, par l'alliance israélite universelle, c'est-à-dire dans un des départements les plus défavorisés de la région parisienne.
Il s'agit pour moi de raconter un témoignage, une expérience vécue.
Alors cette expérience je vais vous en faire part.

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Monsieur Samuel Pizar

Nous portons tous en nous la marque de la violence de l'histoire qui nous happa périodiquement dans ses tourbillons et nous cracha en morceaux aux quatre coins de la planète: de l'esclavage en Egypte, la captivité babylonienne, le massacre de Massada, l'inquisition espagnole, les pogroms russes jusqu'à l'holocauste nazi.
En méditant sur le sort de nos handicapés physiques, je vous demande de méditer aussi sur cette histoire, nos liens éternels avec ce peuple mutilé et amputé. Le fait que finalement ceci est peut être notre force, ceci est peut être la base de notre solidarité, de notre détermination tant de fois démontré, de notre capacité inouïe d'endurer d'apprendre, d'innover, de créer.
Quel autre peuple a subi de tels chocs dans son corps et dans son Àme et continue cependant à vivre?
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Jacques Renk

La culture est-elle vraiment accessible à tous?
Une personne handicapée de la vue peut-elle donc, comme tout un chacun, accéder facilement à l’événement de son choix?
On pourrait le penser, mais la réalité est bien différente!
Hormis les considérations financières qui, parfois, sont un obstacle, plusieurs contraintes subsistent.
La méconnaissance de l’environnement où se déroule la manifestation contraint le plus souvent une personne handicapée de la vue à se faire accompagner.
Peu de salles de spectacle, musées, parcs ont installé ces aides essentielles que sont des marquages, indications en braille ou guidage vocal.
L’audio-description en est chez nous à ses balbutiements et aucune salle de cinéma n’en est équipée.


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Monsieur Samuel Saydon, handicapé moteur.

Enfin la communauté se préoccupe de ses handicapés et leur donne la parole. Il le fallait, car les plus pieux parmi nous qui connaissent l'enseignement: "Ne te sépare jamais de la communauté" souffrent de se voir tenus à l'écart par le poids des circonstances.
Les synagogues de Paris ont été construites à un moment où le problème des handicapes ne se posait pas dans les mêmes termes qu'aujourd'hui.
Aucune n'est accessible aux fauteuils roulants de sorte que celui qui souhaite venir prier avec le "kahal" ne le peut pas. Tout handicape se trouve dans sa vie confronte à deux problèmes:
Le premier est évidemment son handicap. Le second est d'être livré à lui même. Rien n'est plus précieux pour un handicapé que la compréhension. Il faut savoir qu'elle ne va pas de soi. Ni de handicapés à personnes valides, ni même de handicapés à handicapés. Il faut donc que les rapprochements puissent se faire sur la base du dialogue constant, ouvert et de plus en plus intime.
Sur ce plan, on peut dire sans fausse modestie que le rôle de Naguilah est irremplaçable. Certes il ne serait pas juste de ne pas mentionner que nombre de personnes valides et de bonne volonté souhaitent venir en aide aux handicapés.
Mais il y a un obstacle majeure: pour atteindre son but, il faut que le service rendu corresponde rigoureusement à la demande.

Michelle Cassar
(Directrice de l'association Benjamin pour l'intégration d'enfants handicapés)

"..Ce dont je voudrais vous parler aujourd'hui, c'est du regard, regard que nous ne posons pas sur ces êtres différents qui savent qu'ils sont différents et que nous handicapons d'autant plus quand nous posons sur eux un regard inadéquat.
Nous savons tous que notre regard traduit notre intériorité et que même si un individu porte un masque, son regard, pour celui qui sait regarder, ne trompe pas.
Tous ceux qui ont des enfants, qui sont enseignants, ont appris l'importance du regard que l'on porte sur un être, sur un enfant et sur les conséquences que cela peut avoir sur son développement, sur son épanouissement.
Nous avons tous l'expérience, alors que nous nous trouvions dans une situation ridicule et que des regards se posaient sur nous, du sentiment de gène que nous avons éprouvé lors de cet incident.
Le concept de tolérance est indissociable de celui d'évolution. Ce qu'est l'autre à un moment donné n'a aucune importance, dés que l'on admet que l'être humain est en mutation permanente.
Refusons nous à voir dans l'autre uniquement le présent.
Non, c'est la vie en lui que nous devons sentir et qu'on peut aider à développer de son potentiel, qui doit compter. La conséquence merveilleuse est la tolérance, car on ne juge plus une personne pour ce qu'elle est maintenant.
Mais aimer, c'est aussi apprendre, chercher à savoir ce qui est bon pour l'autre.
Ces êtres confrontés à l'épreuve d'être différents, ont besoin de notre amour et de nous aimer si nous voulons réellement leur donner toutes les chances alors apprenons à les regarder autrement rassurons les.
Ils sont des êtres à part entière. Ils ont des sentiments, des états d'Àmes, des potentialités étonnantes, ils nous devinent. Gratifions les de notre considération investissons les de notre confiance.
Confiance en quoi me direz vous?
Confiance en eux, en leur capacité à surmonter leur épreuve.
Si nous apprenions à dénuer notre regard de pitié, de condescendance, de crainte à leur égard comprendre que grÀce à ces enfants à ces êtres différents nous avons tant appris et nous avons tant encore à apprendre.

Monsieur Guillemet, directeur de l'I.N.J.A. conseiller pédagogique au ministère de la solidarité et des affaires sociales.

Je vais essayer de témoigner moi aussi puisqu'en fait, "je pratique" la cécité depuis de nombreuses années et cela m'a donné une certaine expérience.
Lorsqu'un couple attend la naissance d'un enfant, c'est pour ce couple une joie. Cet enfant qui va venir au monde va être beau, intelligent, doué de multiples talents. Et malheureusement si un enfant aveugle vient au monde, immédiatement ce fait est ressenti comme une catastrophe.

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Le Grand Rabbin Alain Goldman.

Trop longtemps, pendant des décennies et des siècles, tout ce qui était handicapé faisait l'objet d'une mise à l'écart totale, d'une pitié, voire d'un dédain.
Et cela nous ne pouvons l'admettre, en tant que juifs, certainement pas.
On dit généralement que: Ne peut parler de l'épreuve que celui qui l'a connu lui-même. C'est vrai dans tous les domaines et surtout quand il s'agit de parler des handicapés.
Je pense souvent à cet exemple qui a été donné par jacques Beroji qui s'était plÀtré jusqu'à mis corps pour faire l'expérience d'un homme privé d'une partie de ses membres.
Au fond nous sommes tous des handicapés: nous le sommes déjà parce qu'en venant au monde au tant que juif par rapport au monde, souvent antijuif qui nous entoure depuis des siècles, nous avons un lourd handicap à surmonter. Nous sommes tous handicapés comme nous le rapporte le midrasch bien connu concernant l'Aveugle et le paralytique, c'est-à-dire le corps et l'Àme.
Naguilah nous a appris à admettre que nous ne devons ni ne pouvons plus ignorer les handicapés Nous constatons avec émotion, que ce sont eux qui bien souvent nous donnent des leçons de courage, de force vitale et d'amour.