Ovadia voit rouge

Haphtara - Vaychla'h

On me classe parmi les 12 "petits prophètes". C'est vrai, puisque ma prophétie ne vise qu'un seul thème  que je ramasse dans un seul chapitre. Je ne suis pas juif de naissance, et bien qu'issu de la nation la plus exécrable, j'ai adopté le service du D. unique et porté le beau nom de עובד י-ה.

J'ai opté pour Jacob, mon père spirituel et rejeté la conduite de mon père naturel. Mon intégrité a résisté à l'environnement d'un A'hav et d'une Isabelle alors que lui a persisté dans son infamie au sein de sa sainte famille. Face à la candide plénitude de Jacob, il fut son intrus de la grossesse, son abouti de naissance, son sosie poilu et son jumeau antinomique.

Dans les premières années de ta vie tu fus déjà un goinfre de lentilles rouges au ventre insatisfait, archer type de la chasse, racha entre deux tsadikim. Tu as porté les vêtements de la délicieuse primauté d'Adam consacrés à la prêtrise pour en faire le panache velu de la traque dans les champs.

Quand je te vois, je revois le Caïn des Nations et le spectateur jovial de la ruine d'autrui. Aujourd'hui encore tu vis par ton épée en détroussant les captifs de Judée, en te postant sur les carrefours de la détresse.

Bandit au milieu des peuples, tu te repais de la dénonciation parce que tu ne joues aucun rôle prépondérant dans la politique touffue de nos temps bibliques. Et pourtant, si méprisable et si petit que tu sois, je redoute ton ambition et je crains le jour où tu accéderas à la tête des nations. Tu n'as pas laché l'étreinte qui blessa Jacob, tu n'as pas retiré le baiser de tes dents acérées sur mon tendre cou. Dans ta lutte, tu choisis le plus mauvais rôle, celui de l'ange de la mort. Tu as établi tes demeures aussi haut que le nid des aigles, aussi loin que la région des étoiles.

Ni Tsadik, ni Star, tu montres tes pattes cacheres tout en ruminant secrètement tes complots. Dans cette guerre des étoiles recouvertes de la poussière du combat fratricide, tu vises la primauté en voulant terrasser le Richon LeTsion. Tu comptes sur la brillance du soleil pour illustrer ton histoire et faire blêmir la blanche pâleur lunaire qui est notre petite reine du ciel.

Ton adversité n'est pas manifeste comme celle du "אויב", mais elle est secrète et nichée dans les recoins de ton coeur inutile, toi le שונא du refrain tragique.

Déjà, Daniel t'a vu sortir des flots de la fin des temps comme la quatrième bête de sa vision, aussi terrifiante que le lion de Babel, aussi impressionnante que l'ours de Paras et aussi froide que l'aigle de Yavan.

Le jour de ta sanction est inscrit dans le calendrier divin, ce jour où tu boiras la coupe de poison que tu fis boire à mon peuple. Tu tituberas comme un ivrogne sur le mont Sion. C'est là que ton procès s'ouvrira où vêtu d'un talith que tu n'avais jamais porté éclatera la vérité sur l'hypocrisie du Verus Israël. Toi, le faux dévot qui rendit aveugle les yeux d'un père en les aspergeant de la dîme de l'eau et du sel. Alors la voix de Jacob paralysera tes mains. Un feu sortira de la maison d'Israël, une flamme de celle de Josef pour embraser la paille que tu es devenu. C'est alors que Shimon héritera la terre des philistins, Ephraïm retrouvera ses collines, Benjamin réoccupera le Galaad et Naphtali la Samarie. Les exilés de Tsarfat devraient occuper le Néguev et ceux de Séfarade les contrées méridionales.

Conclues mon fils chacune de tes prières par les derniers mots du message du converti d'Edom que je suis et qu'on entendra peut être au jour lointain, sur les collines de Seïr et dans les villes d'Esau: ""והיה ביום ההוא ה' אחד ושמו אחד

Grand Rabbin A. GUEDJ