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La
torah s'entrave ailleurs que dans l'effort (Osée 11)
HAPHARA
(Vayétsé )
La
vérité qui est le qualificatif de Yaacov, notre patriarche le
fait passer du rêve de l'échelle à la réalité de
la bergerie. Aux quatorze années passées dans la yechiva de
Chem et Ever succède le temps où il faut
construire le foyer de la vie.
"En
fuite dans les champs d'Aram, Yaacov s'est asservi pour une
femme et devint pâtre pour une autre." (Osée)
"Vois
la vie avec ta femme"(Kohelet), la vie c'est la Thora et ta
femme c'est le travail. L'homme qui accéda au degré suprême
de la merkava n'est rien d'autre que celui qui, dans son labeur
fut brûlé par la chaleur du jour et pétrifié par le
froid glacial de la nuit. Le plus beau des chidouh de la Thora
c'est un métier. Même dans les conditions les plus idéales,
Adam fut placé dans le jardin d'Eden pour le travailler et le
protéger. Le premier homme selon תנחומא
fut un habile autodidacte féru dans tous les métiers. La sueur
de son front procura le goût de la dignité à son
pain différent de celui du son de l'âne dans sa mangeoire.
David, le berger a bien illustré par sa vie cet idéal: "
le travailleur qui tire profit de l'oeuvre de ses mains est supérieur
à celui qui craint D." D. lui-même donne
l'exemple lorsqu'il fait souffler le vent, fait tomber la pluie
et saupoudre la terre de rosée; "je ne manque de rien
puisqu'il est mon berger." La Thora est de loin le plus
beau des métiers qu'il ne faut confier qu'aux sages confirmés,
habités par les valeurs suprêmes de la morale et du
savoir. La société juive s'honorerait lorsqu'elle
subventionnera aussi bien, sinon plus les yechivots que les
universités. Le talmid haham, au service de la nation, doit
occuper le premier rang dans la hiérarchie sociale sauf s'il
fait de la Thora une pelle pour creuser son trou, une carte de
visite V.I.P ou le mandarin de la halakha.
Pour
nous tous, Rabbi Meir qui fut scribe enjoint à chaque
homme d'exercer un métier propre et efficace, sans quoi toute
la Thora que je possède perderait son sens et conduirait
au péché. Point de farine, point de thora. Point de Thora,
point de farine. Même lorsqu'ils sont à l'abri du
besoin, les animaux eux-mêmes s'activent. L'oiseau fait
son nid, le lapin, son terrier, l'araignée tisse sa toile et
l'abeille apprête son miel. Si D. n'assurerait pas leur
pitance, le lion se ferait portefaix et le renard commerçant.
La fourmi nous a tracé la voie de la sagesse et de la prévoyance.
Le travail est si grand qu'un voleur doit restituer cinq fois le
prix d'un torreau arraché à son labeur et seulement
quatre fois l'agneau qui ne fait que brouter. Le travail anoblit
celui qui l'exerce, en premier lieu nos maîtres les plus
prestigieux.
Souviens
toi de Hillel et son fagot de bois, de Chamai et sa baguette de
maçon, R.Yohannan le savetier, R. Tarphon le vigneron,
R.Yehouda le tailleur et R. Yeochoua le charbonnier. La מלאכה
est
étymologiquement le titre de noblesse du מלאך,
l'ange, et sa fonction essentielle. Raphaël est universellement
notre médecin sans frontières, Gabriel, le gendarme du
ciel et Mihael, l'avocat d'Israël. Par essence, nos anges sont
contre la liberté de la paresse quotidienne, une habitude prise
de se reposer avant la fatigue. L'oisiveté engendre l'ennui, le
vice et le besoin. On n'a peu de temps quand on ne fait rien.
Malheur à la société qui divise le travail de telle
sorte que l'un est à la besogne et l'autre à la récolte.
Qui sème dans les pleurs, récoltera dans la joie. La שכינה
n'a trouvé de demeure fixe qu'après avoir construit
le sanctuaire de nos propres mains. D. a béni le Chabat
après avoir produit les six jours du labeur créatif et
il vit que c'était très bien. Notre Thora est sainte et
belle parce qu'elle fut le plan de construction du monde. Qu'il
est doux le repos du Chabat qui n'épuise que l'oisif profane de
la semaine.
Grand
Rabbin A. GUEDJ
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