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Fermé pour cause d'inventaire
HAPHTARA (Toledoth)
Triste
et pensif, je suis assis près de la porte de Chouchan,
sur le versant est du Mont du Temple. Une décennie est déjà
passée depuis que Hagay et Zacharie ont finalement réussi
à susciter la construction du second Temple.
L'enthousiasme des premiers jours affaiblit. J'attends avec
crainte l'apparition du dernier des prophètes. Son style
est franc et son verbe très dur, réaliste et surtout très
cru. Il arrive, le pas ferme, sortant de la salle "des
pierres de taille" où vient de se terminer la séance
de la grande assemblée des 120. L'historiographie Rabbinique le
confondra plus tard avec Ezra le scribe ou Mordehai le juif,
mais je vous assure, moi, son contemporain que Malahi n'est
autre que lui-même. Il porte le nom d'un ange et aura le
mot de la fin de la bible. Il est redouté de tous et pourtant
la foule des fidèles accourt pour l'entendre. De sa voix
forte il s'exclame :"Génération au cœur frileux,
vous doutez encore de l'attachement de D. à votre sort
alors que cette enceinte sacrée a ressuscité l'éclat d'Israël.
Votre mérite n'y est pour rien car cette affection qu'il vous
porte vient tout droit de Jacob, votre père alors que
Essav s'attire la haine pour avoir entretenu le domaine de la
perversité. Les dures pierres de cette sainte demeure crient
à l'outrage; elles auraient voulu être attendries
par vos prières faites de chaire et de sang. Certains de
vos prêtres avilissent mon nom en apportant des aliments
souillés sur ma table et en immolant des bêtes aveugles,
éclopées ou malades. Offrez les donc à votre vizir ! En
fera-t-il bon accueil? Celui dont la devise est tout mais pacha.
Malheur à l'hypocrite qui me présente la plus ville de
ses offrandes. Je répandrais sur vous les excréments de vos
fastueuses victimes sur la figure.
Si
D. est notre Père, où est son respect?
Si
D. est notre Souverain, où est la vénération qu'on lui
doit?
Du
levant du soleil à son couchant mon Nom est glorifié
parmis les peuples des nations. Quand à vous, je n'ai
aucun plaisir à vous voir. Y aurait-il quelqu'un parmis
vous qui ait l'audace de fermer les portes de Mon temple afin
que vous n'allumiez plus mon autel en pure perte?"
L'âme
transie par un trouble terrible, je me glisse et fends la foule
qui déserte le temple. La maison de D. ne sera jamais inhabitée.
Je trouve refuge dans un recoin du Temple avant qu'on mette les
clefs sous le paillasson et que l'huissier malheureux pose les
scellés sur les verrous de la porte de Nicanor. Quand on est en
porte-à-faux il y a un seuil à ne pas dépasser.
Le silence du Oulam remplit mon cœur glacé. Le chant des
Leviim a sombré dans le vide aphone. Violons, luths et cymbales
ont pétrifié leurs cordes et jonchent les quinze marches du
parvis sans tambours ni trompettes. Le chofar reste sans voix.
Les pierres de notre autel qui n'a pas connu le tranchant du fer
verse des larmes, des pleurs et des sanglots. La table d'or est
aurifiée de présenter les douze pains de dures propositions.
Les mèches calcinées de notre chandelier ont brûlé
la lumière dans le noir. Les résidus de l'encens
imbibent les murs froids de notre sanctuaire. La flamme de notre
brasier n'a plus la fière allure du lion de Judas. Hors
de la présence divine, mon âme va mourir dans la solitude. D.
a annulé tous ses rendez vous. Il s'enferme dans son boudoir,
sans se laisser prier. Puisqu'on le chasse de la Jérusalem
terrestre, il déserte aussi la Jérusalem céleste. Mon D., ton
peuple n'est pas orphelin.
J'en
connais encore des cohanim, qui comme la famille Garmo
redonneront aux douze pains le visage des douze tribus d'israel.
J'en
connais des cohanim, qui comme la famille Avitnass composeront
le subtil encens de Ton Nom parfumé.
Il
arrive de fils de Lévi attendu, celui avec lequel tu contractas
une alliance de paix et de vie, l'homme qui par respect et par
amour chemine dans la droiture, et ramène les coeurs égarés.
Seul le savoir amoureux distillé par ses lèvres rouvrira
les lourds battants de Ta grande porte. C'est dans sa bouche
qu'on cherchera la torah parce qu'il ressemble à l'ange
du D. des constellations. La vertu d'Israël sera la porte du
bonheur. Ton bassin d'ablution ne peut laver que ceux qui ont
les mains propres.
Grand
Rabbin A. GUEDJ
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