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Parachat
Aazinou
Silence,
le ciel enregistre…La Torah est sur écoute
L'apesanteur
enveloppe tout entier mon corps aussi léger que la nuée qui le
porte. Je dirige mon regard au plus profond de l'horizon la où
le ciel embrasse la terre et je les prends comme témoins irréprochables
et éternels. De là où je suis, ma législation
prend la tournure d'un propos étique puisque la métaphysique
et la nature convolent en juste noces. L'ombre puissante des séraphins
frôle mon dos, je traverse la lumière de l'aurore au
moment ou derrière moi retentit le dernier refrain du
cantique nocturne des êtres célestes.
"
Que soit bénit à tout jamais le royaume glorieux".
Demain,
moi Moise, je ne serai plus là mais mes témoins auront
la charge de garder notre serment. Tombe mon verbe comme la
pluie, que la rosée distille ma parole, que les gouttes fraîches
de mes mots arrosent le tendre gazon et mon averse les herbes
rigoureuses. Que chaque étoile chante sa note sur la gamme des
constellations. C'est dans la nature que je signe le nom de D.
et votre bouche clamera l'écho de sa sublime grandeur. Son
œuvre, D. l'a dessiné de ses propres mains en traçant les
voies de la justice. Je sais, qu'en prononçant ces mots, je récite
la dernière prière de mon histoire terrestre, mais
je sais aussi qu'Il ressuscitera le visage de la mort et pansera
ses blessures.
Oh
mon peuple, souviens toi que les jours du monde sont inscrits
dans l'album céleste des souvenirs; consulte le livre des générations
d'antan; questionne ton père il te racontera, tes ancêtres
sont les acteurs des siècles passés.
Ils
ont vu la majesté divine planer comme l'aigle qui survole l'étendue
de ton histoire. Il veille sur son nid et ses caresses
effleurent ses jeunes aiglons. Il deploit ses puissantes ailes
pour les recueillir. Il les protége par son vif regard comme la
prunelle de ses yeux. De ses yeux, irradient les rayons noirs de
son feu qui a gravé les secrets de ta Torah. Dans ses yeux
brille une blanche lumière sur le parchemin de ton sefer.
Toi
mon peuple tu n'as pas toujours vu dans ses yeux le regard
amoureux qu'il te lançait.
Ne
lui impute pas tes propres défauts que tu as hérités de la génération
instable. Tu as effacé son nom de la carte céleste pour
sacrifier aux démons du désert. Il dérobe alors sa face et tu
pleures son absence. Il a fait de tes ennemis le bâton de tes défaites
et tes victoires tu les remportes par son bras étendu. La
graisse de ta fortune a recouvert ton cœur. Le cri même
de ton desepoir est étouffé. Tu parles la langue d'un dieu étranger.
Les païens t'ont jeté en pâture les immondices de leurs
croyances gardant pour eux mêmes leurs idoles d'or et
d'argent.
Qu'elle
est honteuse ta jalousie lorsque tu les vois peleriner autour de
la pierre se prosterner devant le bois. Le jour viendra où
tu rejetteras le poison de ton infidélité comme on chasse le rêve
de l'inconscience. Ta foi vacillante te surprend comme les
gerbes oubliées dans le champ de l'humanité, recluses dans ce
coin du monde, attendant impatiemment que le glaneur messianique
vienne réparer son oubli.
Les
nations convoitent les frontières terrestres que D. leur
a assignées mais toi Israel-Yechouroun sors de ton errance en
ancrant les amarres de ton héritage sur les rives de ton port
sacré.
C'est
ton père, tu lui dois ta naissance.
C'est
ton rédempteur tu lui dois ta liberté.
C'est
ton formateur tu lui doit ta loi.
C'est
ton bâtisseur tu lui doit ta terre.
Grand
Rabbin A. GUEDJ
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