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De
particulier à particulier:
Bâtisseur
universel cherche F3 dans quartier résidant ciel
Vois,
dans cette section de Reé comme il est attendrissant mon fidèle
serviteur. Il s'est fait mon agent immobilier personnel. Cet homme
de D., c'est la moindre des choses, ce souci de Théo- logis !
Pourtant,
je ne suis ni SDF ni vagabond intersidéral. Je n'ai jamais
souffert de la crise du logement.
De longue date, j'ai réduit mon être pour faire
place à vos résidences. C'est pour gagner le voisinage et
l'intimité des hommes que j'ai renoncé à ma propre
transcendance dans les mondes invisibles. C'est pour vous que j'ai
quitté le siège de ma gloire céleste pour faire de votre
terre mon piédestal.
La
demeure de mes rêves sera le lieu de nos rendez vous. Je
l'ai choisie parce qu'elle est chargée de souvenirs ardents que
j'ai partagés avec les grands hommes de votre monde.
Là-bas,
j'ai posé la pierre de fondement du globe.
Là-bas,
Adam, le premier des hommes m'a offert son sacrifice ; Caen
et Abel, leurs premières offrandes.
Là-bas,
Abraham a surmonté la dixième de ses épreuves, la plus
grande d'entre toutes.
Là-bas,
Yaacov, l'élu des patriarches, a rêvé de la porte du ciel.
C'est sur la pierre où il posa sa tête que j'élèverai
mon sanctuaire. Comme un résident au pair, j'échangerais mon
ciel planétaire contre
votre coin de terre partiel. J'échangerais votre petit chandelier
à sept branches contre ma lumière solaire à
profusion.
J'échangerais
votre petite table aux douze pains contre mes vastes champs
regorgeant de fruits.
J'échangerai
votre petit autel de parfums contre ma floraison abondante et variée.
J'échangerai
votre libation d'eau contre ma pluie bienfaisante et généreuse.
J'échangerai
votre oblation de farine contre mes riches récoltes de blé et
d'orge.
J'échangerai
vos sacrifices quotidiens contre mes troupeaux de gros et menu bétail.
J'échangerai
votre bassin d'ablution contre mes océans, mes lacs et mes
fleuves.
C'est
pour vous que j'ai gravé mon nom ineffable dans les tables du témoignage
secret. Ce lieu dont je garde le secret pour éviter les
dissensions tribales et les convoitises païennes portera le
nom de celui qui veut m'installer dans son cœur.
Je
divulguerai mon choix à qui voudra bien être mon hôte
hospitalier. J'ai la modeste ambition d'un locataire de qui l'on
dira "Dieu soit loué ". Celui qui s'attachera à
percer le secret de mon choix sera pour sûr, l'oint du
seigneur.
Je
le vois, cet homme dont les yeux luttent contre le sommeil et qui
retient les lourdes paupières de la nuit.
Cet
homme a pris l'engagement solennel de faire de sa maison un lieu
d'errance tant qu'il n'a pas trouvé la résidence terrestre du D.
du ciel.
La
sensibilité de son âme a fait de lui le meilleur compositeur de
mes louanges et le plus mélodieux de mes chantres. Les cordes de
sa harpe pleurent sur mon arche ambulante qui n'a trouvé de repos
ni à Chilo, ni à Nov, ni à Guib'on. Ce beau
rouquin aux yeux de velours chante la nostalgie du berger du Sinaï,
comme une biche qui aspire au cours d'eau. C'est un berger qui
endosse les péchés de son troupeau par l'aveu de ses propres
erreurs. C'est au cours du fléau qui s'abat brusquement qu'il quête
la parole de Dieu dans la bouche de Gad, le voyant. L'heure est
venue de révéler le lieu de mon désir inassouvi depuis les
origines du temps. Haletant derrière les pas alertes du
voyant, le Roi des psaumes découvre avec grande stupeur le petit
espace sacré du maître des millions de galaxies.
C'est
tout simplement … une GRANGE !
Aravna,
le discret prosélyte est le fidèle dépositaire de
quelques hectares les plus anonymes au monde et maintenant les
plus célèbres du monde.
Le
Roi au cœur d'Or refusant l'offre gracieuse d'Aravna acquiert
la grange pour six cent pièces d'or. A l'ombre des yeux
d'Adam et des patriarches l'humble monarque y bâtit un autel au
milieu d'une foule en liesse.
Un
feu descend du ciel.
Jérusalem
est née.
C'est
en l'an deux mille neuf cent vingt huit de la création, que la
cité de David devint la capitale du Monde et la métropole du D.
d'Israël. C'est l'entrée principale de la sainteté universelle;
avant d'y entrer j'embrasse moi même sa mezouza.
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