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Terre
minus à cause des dix en Sion
Chela’h-Le’ha
Le
soleil se couche sur Hatséroth au cœur du désert. Les douze
émissaires envoyés par Moïse pour accomplir la mission
inutile, voire superflue, sont déjà de retour. Ils n’ont
mis que quarante jours pour parcourir la terre promise du Sud au
Nord et d’Est en Ouest.
Cette
nuit du neuf Av aurait pu être la plus belle de toutes mais
hélas les ambitions personnelles et la méfiance des incrédules
au serment divin exprimé dix huit fois aux patriarches, feront de
dix parmi les explorateurs, des rateurs d’exploits. L’entrée
dans la terre sainte pouvait s’accomplir sous l’égide de la
providence et la puissance divine.
Moïse
sous la pression pseudo démocratique se soumet aux exigences du
peuple. La volonté divine n’étant pas suffisante, il faut dépêcher
une mission représentative de l’ensemble des tribus et composée
des hommes les plus compétents pour établir un rapport rigoureux
sur les conditions topographiques, économiques, militaires et démographiques
qui touchent à cette terre où coulent le lait et le
miel.
Cette
nuit là du neuf Av, le peuple voyant sans enthousiasme le
visage crispé des dix, comprend que ceux qui auraient pu être
les tracteurs d’un grand projet n’en sont que les détracteurs.
La terre promise, aux dires des dix, est un pays qui mange ses
habitants, la mortalité atteint un record qui fait exploser les
statistiques, le moindre village fortifié se présente comme un
village de gratte-ciels. La peur et la mauvaise foi, il est vrai,
grossissent démesurément les plus petits obstacles. Parvenus
à Hébron, ville où reposent les fondateurs de notre
indépendance et notre souveraineté nationale alors que Caleb y
puise un regain de foi, les dix ont le courage si petit qu’ils
croisent les géants de leurs trouilles. Quand on se fait
sauterelle on est vu comme fourmi, la preuve en est fournie par la
taille démesurée des fruits. Imaginez la grosseur d’une figue
et une grenade portées chacune par deux hommes et voici les
raisins de la colère d’une immense grappe soulevée par
huit hommes. C’en est trop. Josué et Caleb, les deux
incorruptibles s’indignent devant tant de mensonges et de médisance.
Pour eux, cette mission concédée par Moïse n’ajoute rien
à la détermination et à la conviction des fidèles
à l’engagement divin. D. fait son Alya avec ceux qui
montent en Eretz Israël.
Mais
hélas, la langue perfide des dix a déjà produit son effet
sur le peuple qui verse des larmes de désespoir. Moïse et
quelques uns pleurent aussi mais ils ne réussiront pas à
laver tant de souillure. Chaque jour d’exploration deviendra un
jour de déploration pendant les quarante années que durera la
sanction. Cette génération aura démérité mais Moïse
obtiendra par ses prières, encore une fois, le pardon pour
la génération des enfants.
Cette
nuit là du neuf Av aura tissé le manteau de l’inutile
ingratitude qui enveloppera d’autres nuits encore plus noires.
Seules les étoiles qui monteront illumineront le ciel de Sion.
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