|
Emor
– Aimer à mourir ou l’âme hors de soi
Le
début de notre paracha évoque les règles relatives
à la mort et au mariage quant aux prescriptions particulières
concernant les Cohanim, les prêtres d’Israël.
Le
dernier verset de la paracha précédente (Kedochim) rappelle
l’interdiction formelle pour tout juif de s’adonner à
la pratique de la nécromancie. Loin de nous l’utilisation
honteuse et la pratique sordide de ceux qui vouent un culte aux
morts en tentant de capter les messages que les esprits désincarnés
pourraient nous adresser. Le prêtre en Israël célèbre
avant tout le culte de la vie, il ne s’aventure pas dans les dédales
de l’occultisme charlatanesque. Les âmes et l’immortalité ne
sont pas exploitables dans ce monde-ci, et le danger guette ceux
qui font une confusion entre le monde d’ici bas et celui de
l’avenir. C’est que la mort constitue bien une frontière
qui indique que les règles du jeu de la vie sont différentes
avant et après la mort. Voilà pourquoi la Tora
limite expressément le rapport des cohanim avec la mort en leur
autorisant de ne se rendre impurs que pour sept de leurs proches
parents, leur femme leur père, leur mère, leur frère
et leur sœur, leur fils et leur fille.
En
revanche, elle interdit formellement au grand prêtre de
contacter l’impureté même auprès de ses proches
comme son père ou sa mère. Cette rigueur dans la loi
(à l’exception du Meth Mitzva) met bien en évidence
l’idée que le sacerdoce pontifical est tout entier consacré au
service de D., principe de la vie.
Pas
de tonsures dans les cheveux, pas de griffures sur le visage, pas
de taillades dans les veines, pratiques couramment répandues chez
les prêtres idolâtres. C’est la raison pour laquelle
notre paracha enchaîne immédiatement sur les lois du mariage des
cohanim comme pour accentuer l’idée que nos prêtres sont
aux services de la vie, et que l’abstinence n’est rien
d’autre que la philosophie de la mort. Nous trouvons donc
amusant le fait que notre paracha exprime conjointement ces deux
idées que sont la mort et le mariage. Ne dit-on pas qu’avant de
se marier on enterre sa vie de garçon ? Et qu’on prend le
deuil sur son célibat ! Tout le monde connaît bien le
fameux proverbe qui dit qu’au mariage et à la mort le
diable fait son effort et qu’un enterrement c’est toujours obséquieux.
Salomon
le plus sage des hommes illustre parfaitement cette corrélation
entre ces deux évènements les plus importants de notre
vie, le mariage ou l’union humaine, la mort ou l’union divine
dans le célèbre verset du Cantique des cantiques :
l’amour est aussi puissant que la mort et le désir aussi fort
que le Shéol, leurs éclairs sont de feu et leurs embrasements
sont divins.
Lag
Baomer c’est bien le jour appelé Hilloula qui indique que la
mort du juste est un mariage avec D.
Moïse
notre maître a connu le désir le plus fort de sa vie dans un
baiser divin qui prouve bien qu’un jour la mort ce n’est que
l’âme hors de soi. Et que la leçon finale de nos prophètes
c’est que la mort râle pour toujours.
|