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Si je vous écris aujourd'hui c'est pour vous encourager dans la merveilleuse action que vous entreprenez avec les handicapés.
Leur redonner l'espoir passe aussi par les petits gestes quotidiens de la vie de tous les jours.
Je pense qu'il faudrait peut-être que vous réserviez une rubrique"Anecdotes" afin de stimuler l'envie de raconter.
A très bientôt je l'espère.
Rivka Levy
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L'article des mères handicapées m'a beaucoup touchée étant mère moi même. Il est vrai que lorsque l' on possède ses 5 sens, la maternité est une telle épreuve, un tel bouleversement que cela nécessite toutes les ressources physiques de la mère. Et même souvent on se dit que l'on n'y arrivera pas.
Alors imaginer une maman privée de la vue, par exemple, ça devient très problématique.
Et pourtant, Hachem dans sa grande clémence et miséricorde vient en aide à ces mamans et à ces bébés.
On m'a raconté le cas d'une maman sourde. Celle-ci a été suivie tout le long de sa grossesse et bien sur, lors de son accouchement.
A la maternité, elle été assistée d une infirmière qui lui amenait son bébé, le ramenait à la nurserie, lui disait s'il pleurait et ainsi de suite.
Les services sociaux étaient inquiets quand au retour de la maman et de l'enfant chez eux....
Une fois rentrés chez eux, la maman et le bébé devaient recevoir une aide à domicile.
Celle ci a rapporté à ses employeurs que sa présence était tout à fait superflue. Le bébé ayant "compris" que sa maman ne l’entendait pas, il s'était mis à gigoter comme un bébé de 3 mois afin d'attirer l’attention de sa mère.
Celle ci ayant compensé sa perte auditive par une plus grande sensibilité visuelle, elle se rendait tout de suite compte que son bébé la réclamait. Elle se rendait immédiatement auprès de lui, pour s'en occuper.
Ofra Fassi
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Yael, jeune myopathe en fauteuil roulant reçoit un appel de son réparateur radio.
…Votre radio est prête madame vous pouvez venir la prendre.
Yael: Oh! Merci. Je vous suis très reconnaissante d'avoir été si diligent pour la réparation de ce poste qui tient une grande place dans ma solitude.
IL faut maintenant que je trouve quelqu'un pour aller me la chercher…
Tiens je vais demander à Sarah, elle est toujours si gentille avec moi.
Yael: Bonjour Sarah, je me suis permis de t'appeler pour te demander si par hasard, tu ne passerais pas par la rue Montmartre? Ma radio est prête pourrais tu aller la chercher ?
Sarah: Oh! Je suis désolée, mais ma petite fille est au lit avec une grosse grippe, je suis donc cloué à la maison.
Yael: Je comprends. Surtout ne t'inquiète pas pour moi je vais trouver une autre solution. Je te téléphonerais pour avoir des nouvelles .Je t'embrasse.
A qui vais je pouvoir m'adresser? Je vais essayer d'appeler David, il est à la retraite et il a une voiture.
Yael: Allo David, j'ai un petit service à te demander mais surtout ne te gênes pas pour me dire si ça te dérange. J'ai donné ma radio à réparer et on vient de me téléphoner pour me signaler qu'elle est prête: mais il faut aller la chercher…
David:ça tombe vraiment mal, je suis en pleins travaux chez moi et je ne peux absolument pas m'absenter mais je vais téléphoner à Lili, si elle peut faire un petit détour pour toi.
Allo Lili?
David a l'appareil, je viens de recevoir un appel de Yael, il faudrait que quelqu'un aille lui chercher sa radio chez le réparateur, pourrais tu le faire ?
Lili: Je te dis franchement non, elle habite dans un quartier très encombré et où l'on perd beaucoup trop de temps pour se garer. Tu sais,il ne faut pas se laisser avoir, elle a une sœur et deux frères !
David:Lili, tu exagères tu me réponds comme tous ceux qui se déculpabilisent en rejetant les responsabilités sur les autres. Si tu ne peux pas y aller, personnes ne t'y oblige, mais tu sais très bien que ses deux frères travaillent et qu'ils ne peuvent pas se libérer pendant les heures d'ouverture des magasins. Quant à sa sœur, yael lui en demande déjà beaucoup et elle essaye de ne pas trop abuser d'elle. De plus c'est tellement mieux pour un handicapé de ne pas tout le temps dépendre de sa famille, et de sentir qu'il peut aussi compter sur ses amis…
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Bravo votre site est génial et très intéressant. Je voudrais vous relater une petite histoire dont j'ai été le témoin.
Je me trouvais dans la salle d'attente d'un médecin, quand un aveugle arriva avec son chien ,aussitôt le vide se fit autour de lui les gens se regroupantà l'autre bout de la salle par peur du chien je suppose.
Puis le médecin sortit de son cabinet et s'approcha du chien en lui tendant la main pour le saluer, le chien en retour lui tendit la patte. Les sourires commençaientà se profiler sur les visages des patients.
Et le médecin" d'engager la conversation" avec le chien lui posant des questions sur sa santé, et celui-ci répondant par un jappement plus ou moins long selon les questions.
L'effet fût immédiat tous les gens se mirent à rire, détendant ainsi considérablement l'atmosphère chargée de crainte.
L'humour fait des merveilles n'est ce pas ?
J'ai su plus tard que ce petit numéro était répété chaque fois que le patient aveugle se présentait au cabinet médical.
Sympa non?
Jérémie Sitbon
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Un jour pour aller chez des amis, j'avais mis une très belle veste, haute couture, et en dessous "un petit haut écru" comme cela j'étais sure de ne pas me tromper.
Je suis partie avec mon mari, on m'a fait des compliments d'ailleurs.
A mon retour à la maison, ma fille m'a demandé.
"Maman pourquoi as-tu mis ton haut de pyjama?"
J'ai explosé de colère. Maintenant, j'exprime précisément mes besoins, en particulier à mon mari, pour qui ces choses n'ont pas d'importance."
Dorothé S.
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Bonjour,
Tout d'abord, je tiens à vous féliciter pour votre site qui sensibilise si bien aux différents problèmes soulevés par la vie quotidienne des personnes non voyantes au sein d'une société de plus en plus dure.
De plus, vous avez su rendre la place qu'ils méritent aux chiens guide que l'on considère malheureusement trop souvent comme de simples objets au mieux utiles, au pire encombrants et indésirables. Alors que nous devrions leur témoigner toute notre gratitude et tout notre respect pour le dévouement qu'ils manifestent et le travail qu'ils accomplissent auprès de nos frères handicapés...
Travail que nous-mêmes serions souvent bien incapables de faire!
Donc refuser des chiens guide dans certains lieux publics, c'est faire preuve d'une immense intolérance envers les hommes et les animaux. Il faut une prise de conscience collective sur l'importance fondamentale de ces chiens dans la vie des aveugles, non seulement au niveau pratique, mais également au niveau affectif et que plus jamais la présence d'un chien d'aveugle, et par conséquent celle de son maître, ne soient interdites nulle part.
Encore merci.
Judith Pendelio
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Un aveugle éblouit les caméras de son talent
Je redécouvre une liberté perdue.» Il est libre et libéré Bruno
Menoncello. Sourire aux lèvres, ses deux chiennes lui obéissant au doigt
et à l'œil, à l'assaut d'un parcours d'agility parsemé de dix-huit
obstacles. Chacun de ses pas, chacun de ses ordres est enregistré par
les caméras de «30 millions d'amis», l'émission culte des amis des
bêtes. C'était samedi, sous un soleil radieux et brillant que Bruno
Menoncello ne pouvait que sentir sur sa peau. Mais pas admirer.
Bruno Menoncello, 41 ans, marié, deux enfants, est plongé dans une nuit
perpétuelle. Depuis 2006 et un fichu accident du travail, alors qu'il
intervenait à la maintenance d'une machine dans les ateliers de
Leroy-Somer. Gros pépin. Pronostic vital en jeu et un verdict définitif:
Bruno Menoncello a perdu la vue.
L'espoir, il l'a retrouvé en replongeant dans la douceur de sa passion:
l'agility. Auprès de ses amis des Cani'kazes, le club de Cognac situé
sur le terrain des Verriers. Bruno Menoncello, aujourd'hui installé à
Gourville mais licencié de toujours à Cognac, est un crack de l'agility.
Deux mois après son accident, il retrouvait les terrains en compagnie de
Sun, son berger belge. Quelques mois plus tard, il était le tout premier
Français à obtenir la licence d'handi-agility. «En fait, nous étions
trois à l'avoir en même temps. Les trois premiers», précise Bruno
Menoncello.
C'est un licencié d'un autre club de la région, stupéfait par les
performances du dresseur cognaçais, qui a contacté les équipes de «30
millions d'amis». Benoît Poisson, réalisateur du reportage, confirme:
«C'est l'handi le plus calé, le seul capable de battre des voyants.»
L'histoire de Bruno a ému Benoît Poisson. Ses performances l'ont
subjugué. Les caméras ont débarqué (le reportage sera diffusé sur France
3 en décembre ou janvier). Et chez les Cani'kazes, elles ont découvert
une grande famille de 120 licenciés, le cœur sur la main, qui n'a d'yeux
que pour Bruno Menoncello. Pour l'aider à arpenter de nouveau les
terrains d'agility, tout le monde y a mis du sien.Surmonter une
vingtaine d'obstacles avec un chien aussi bien dressé soit-il, lui faire
sauter des barres, traverser des tunnels, monter sur des ponts à
bascule, c'est un tour de force. Quand on est plongé dans le noir, ça
devient un exploit.
Il «lit» les parcours
avec ses doigts
Des yeux, Bruno Menoncello en a lorsqu'il s'attaque à un parcours. Ils
sont féminins et ont un nom: Christelle Blaison. «Ma guide, je l'adore,
sourit Bruno. Un guide, c'est énorme. Ce sont mes yeux. Gràce à elle, je
retrouve la liberté, c'est un régal.» Séance émotion face à la caméra.
Les autres licenciés l'ont aussi épaulé. Ils ont réalisé des miniatures
de tous les obstacles. Avant chaque parcours, Christelle Blaison réalise
ainsi, sur tableau aimanté, une maquette de l'épreuve à venir. Bruno
Menoncello se concentre, «lit» le parcours avec ses doigts. Il mémorise
les obstacles, leur ordre. «ça me permet de me repérer dans l'espace. Au
toucher. ça me permet de retenir les obstacles, d'intégrer les gestes
qu'il faudra faire ensuite. C'est essentiel. Une maquette comme ça, en
3D, c'est du concret.» C'est aussi impressionnant de voir Bruno
Menoncello tout mémoriser en quelques minutes avant de surmonter les
obstacles un à un, au bras de sa guide et en compagnie de son chien.
Malgré le handicap, Bruno Menoncello a atteint un tel niveau qu'il
entraîne aussi les jeunes chiens du club. Le samedi matin, c'est lui qui
participe au dressage des chiots, leur apprend à bien se tenir sur un
parcours, à appréhender barres et tunnels correctement. Un tour de
force, une leçon de vie.
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Je voudrais vous faire part d'une anecdote qui m'est arrivée il
y a peu de temps. Je faisais la queue à un distributeur
d'argent.
Il y avait 2 personnes devant moi. Une femme qui était en train
d'essayer d'effectuer un retrait d'argent avait semble t-il du mal
à venir à bout de son opération.
Au bout de quelques minutes, l'homme qui se trouvait devant moi,
à bout de patience a demandé à cette femme si la
machine marchait ou bien si il devait aller ailleurs pour ne pas
perdre plus de temps. La femme s'est retournée et a
expliqué gentiment qu'elle était mal-voyante et que la
banque venait juste de changer Le guichet qu'elle avait l'habitude
d'utiliser avec des touches classiques. L'homme extrêmement
énervé s'est exclamé agressivement qu'il ne
voyait pas l'intérêt qu'on autorise les aveugles à
avoir des cartes bancaires puisque de toutes les manières ils
se trouvaient dans l'incapacité technique de s'en servir. Puis
fou de rage, il est parti.
J'ai été outrée de l'attitude de cet homme vis
à vis de cette dame mal voyante ainsi que du problème
soulevé par son handicap. Je me suis approchée du
guichet et j'ai pu constater que l'écran classique avec un
clavier à touches avait été remplacé par
un écran unique tactile, et donc inutilisable pour les mal
voyants puisque non sonore.
J'ai bien entendu aidé cette personne a effectuer son retrait,
mais je reste perplexe face à l'agressivité et
l'incompréhension des gens en général, mais aussi
face au fait que les avancées technologiques et les services
que peuvent fournir des établissements comme les banques ne
tiennent pas compte des personnes mal-voyantes et des problèmes
soulevés par leur handicap.
Est il vraiment si difficile de concevoir un guichet avec un
système sonore et des touches en relief?
Vraiment, je pense que notre société devrait davantage
se préoccuper des problèmes de ce type et de toutes les
autres difficultés que peuvent rencontrer les personnes
handicapées dans les activités qui nous semblent
à nous simples et logiques mais qui pour d'autres sont parfois
insurmontables.
Virginie Allouche
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J'entre dans un restaurant pour déjeuner avec ma femme. Je me
heurte bêtement à l'une des tables. La serveuse, qui nous
a vu entrer, comprend aussitôt ma situation. Quand nous sommes
attablés, elle apporte la carte du menu, qu'elle ne donne
qu'à lydie. Quelques minutes plus tard, elle revient prendre
notre commande, ne s'adressant toujours qu'à celle-ci.
Après avoir pris note des plats, elle l'interroge:
"Est-ce que monsieur prendra du vin?"
Et ma femme de répondre :
Mais Monsieur sait parler!
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..Je prends de temps en temps le bus 62. Ce jour là il est
bondé, comme très souvent. J'y pénètre
malgré tout. Chacun a pu voir ma canne.
Un monsieur, assis non loin de moi, me dit gentiment:
"Voulez vous ma place?"
Et moi de répliquer:
"Merci bien, mais j'ai encore de très bonnes jambes !"
Je le sens affreusement vexé et je m'en veux aussitôt de
lui avoir répondu ainsi. Autour de nous, tout le monde a pu
entendre sa proposition et mon refus. Il est vrai que son offre
m'avait irrité, car je n'avais aucune envie d'être
considéré comme une personne âgée ou une
femme enceinte. J'avais voulu le lui faire comprendre avec un mot
d'humour, mais il ne semble pas que cet humour ait été
perçu…
Anecdotes tirées du livre de jacques
Sémelin
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Voici une petite aventure qui vient de m'arriver et qui témoigne du problème
être aveugle peux être ennuyant parfois !!!.
Hier après Shabbat, j'ouvre mon pc afin de voir mes courriels.
Tout se passe bien.
A un moment, c'est le bug!
Je me dis ne panique pas Sydney!
Je redémarre la machine mais sans succès.
Il se faisait tard cette nuit, j'étais seul chez moi.
Je décidais de redémarrer à nouveau la machine mais le résultat fut similaire.
Après plusieurs tentatives la colère montait en moi car je me sentais impuissant face à cette situation.
C'était un combat, Homme contre Machine.
En désespoir de cause, je décidais de tout stopper et de me coucher afin d'écouter les conseils que prodigue la nuit.
Ce matin, j'ai voulu renouveler mon opération mais le résultat fut idem!
J'avais bien au petit jour les yeux de mon auxiliaire de vie qui m'a lu ce qu'il y avait à l'écran et! Je compris la supercherie du pc.
Malheureusement, ses compétences en informatique sont limitées et elle était comme moi désemparée face à cette situation.
Heureusement pour moi, non loin de ma porte, j'ai un voisin informaticien.
Je suis allé le voir et je lui ai demandé s'il voulait bien m'aider.
En quelques cliques de souris, il me remet le computer en route!
Je l'ai remercié chaleureusement.
Ce que je tire de cette situation.
1. Même si on est le plus autonome possible, un aveugle, un handicapé a toujours besoin d'autrui.
2 .Quand la colère ou le désarroi monte en moi, pour ma part je sais que c'est parce que la situation est simple et que je suis quand même désemparé face à cette dernière.
J'ai Le sentiment d'être impuissant, peut-être stupide.
3 .Cela remet beaucoup de choses en question.
Es-ce que j'accepte mon handicap vraiment comme je le prétend?
Pourquoi je suis freiné par ce dernier?
Si la colère, la rage monte en moi et se décuple, c'est parce que je me sens diminué face à des situations si peu complexe!
En résultat, cela donne ce type de désagrément.
Dépense d'énergie, fatigue…
On peu en dire long là-dessus.
Sidney Grima
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Dan est avocat. ILa perdu la vue dans un accident de voiture et grâce à son courage et à sa volonté, il a pu reprendre son ancien métier d'avocat. Discussion avec sa femme:
Dan: j'ai perdu un temps fou aujourd'hui pour aller chez Marti. En ce moment, ils soldent le matériel informatique. Une fois là bas, le vigile ne m'a pas laissé rentrer. Tu ne devineras jamais pourquoi! Il ne me croyait pas capable de prendre le tourniquet! J'ai eu beau lui dire que j'emprunte quotidiennement un tourniquet quand je vais au restaurant, il n'a rien voulu entendre.
Quelqu'un m'a alors dit qu'il y avait une autre entrée 50 mètres plus loin.
A la deuxième porte, cette fois ce sont les clients qui m'ont refoulé. Ils ont tous pris la peine de m'écarter du passage pour que je ne sois pas bousculé.
Anne: C'est incroyable que ce soit toujours les voyants qui limitent les aveugles, et tout ça sous prétexte de les protéger. En voulant bien faire ils font pis.
Dan: Quelques fois je me demande si un non voyant ne trouble pas la tranquillité de la société et si sa présence n'est pas pour elle une intrusion sur son chemin. Tu te souviens du jour où alors que j'allais au palais, une dame m'a crié: "Pas par la monsieur !" Elle a cru que je me moquais d'elle quand je lui ai répondu que j'étais avocat. On peut imaginer un mendiant aveugle mais pas un avocat.
Anne: Pourquoi ne te sers tu pas de ton talent d'avocat pour mener des actions auprès des valides?
Pour leur faire comprendre que l'aide la plus efficace qui peut être apportée aux personnes handicapées est d'essayer de mieux les connaître.
Dan: Tu as raison mais à qui l'expliquer?
Anne : Ton rôle n'est pas de prêcher les convaincus mais de leur donner l'envie de persuader ceux qui ne le sont pas encore.
Dan: Les gens sont toujours prêts à croire que les personnes handicapées sont exceptionnelles mais ils ne sont pas souvent prêts à les côtoyer. Si les gens ont peur de les aborder, c'est peut être parce qu'ils les considèrent comme trop exemplaires.
IL faut leur faire comprendre que les personnes handicapées sont simplement des gens comme tout le monde.
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Abraham a perdu la vue il y a huit mois et n'a pas encore réussi à surmonter cette épreuve. Il rend visite à Myriam qui est aveugle depuis cinq ans et mène maintenant une vie totalement normale, disons même très active.
Abraham: Je suis venu pour te demander quelques petits conseils mais je ne voudrais pas que tu parles de ma cécité aux autres car personnes n'est au courant et je préférerai qu'on ne le sache pas
Myriam: Ce que tu dis est stupéfiant ! Sous prétexte que tu ne vois plus les choses et les couleurs, tu voudrais aussi te priver des gens? Et priver tes amis de ta présence? Comme si les relations n'étaient fondées que sur la vision
Abraham:Les gens ne m'apportent plus rien, ils ne savent que s'apitoyer sur mon sort. Je les sens parfois chuchoter à mes proches leur pitié ou leur étonnement sur ce qui vient de m'arriver, pensant que je ne les entends pas
Myriam: Tu as raison, j'ai souvent éprouvé la même chose que toi au début. Mais, tu dois aussi comprendre que les autres ne savent pas quelle sorte d'aveugle tu es. Soit quelqu'un qui se sent dénué des objets qui l'entourent, soit quelqu'un dont la vie est maintenant au dessus des couleurs et des formes…
Abraham : Lorsqu'on ne peut plus faire un pas devant soi sans avoir peur de se cogner, on peut se demander où est la vie? En ce qui me concerne, je ne la sens plus.
Myriam: Quand on perd la vue, on a l'impression que tout est fini, que tout est bouché et pourtant avec un peu d'effort, un nouveau chemin peut s'ouvrir à nous
Il suffit d'apprendre à faire les choses sans le contrôle de la vue. En fait, si tu y réfléchis bien, ce ne sont pas les yeux qui travaillent, ce sont nos mains
Il faut apprendre à s'en servir sans l'aide de la vue, comme un trapéziste évolue sans son filet
IL faut que tu t'habitues à une autre forme d'action dans le temps plus que dans l'espace, sans pour autant te considérer dans un autre monde
Abraham: Tu me demandes de devenir un autre homme et cela me semble impossible
Myriam: Pas du tout, il faut surtout que tu exploites les richesses qui sont en toi et que tu as laissé sommeiller tant que tu voyais; tu seras toi-même étonné de tous ces trésors intérieurs qui se seront révélés. Tu vas constater que chaque moment apporte de nouvelles joies
.Chaque chose dégage une lumière Par exemple, je n'ai pas besoin de voir la couleur des fleurs pour les aimer: le velouté des pétales, le parfum qu'elles répandent et le rayonnement qu'elles dégagent, suffisent pour me donner l'envie de vivre De même, ce n'est pas en voyant la couleur d'une orange que tu en apprécieras la saveur
Abraham: Je crois Myriam que je commence à mieux comprendre l'expérience de l'exil, la force de l'espoir, et la notion du jour lorsqu'on est dans la nuit.
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