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Dialogue dans le noir.
Pour la première fois en Israël se déroule au musée des
enfants à Holon, le congrès international annuel de "dialogue dans le noir" avec la
participation de 50 invités non voyants de tout le pays.
Imaginé par Andréas Heinecke en 1988 le concept de "dialogue dans le noir" consiste
à créer des lieux d'échanges: Les participants sont plongés dans le noir total et se
font guider par des personnes mal ou non voyantes le long d'un parcours fait de
plusieurs salles.
Cette exposition étant avant tout un lieu de rencontre, le premier résultat est le
dialogue avec soi, le dialogue avec l'autre (l'autre visiteur plongé dans la même
situation).
Il est expliqué comment le potentiel sensoriel de chacun peut être différent et
comment chacun peut alors s'adapter aux situations.
Ce projet est proposé dans plus de 16 pays. En Israël il a été élaboré il 4 ans
avec pour but d'atteindre les 30 000 visiteurs, jusqu'à ce jour 300.000 personnes ont
participé au dialogue dans le noir et 5 millions dans le monde.
Voici le récit d'une visite réalisée par nos amis de Naguilah:
Avant d'entrer Noémie est un peu inquiète. Elle n'est pas sûre de supporter une
heure de noir total. Nous rencontrons à l'entrée une femme accompagnée de ses deux
enfants qui nous explique qu'elle est impliquée dans des associations d'handicapés
et souhaite éveiller ses enfants à la différence.
Les visiteurs reçoivent une canne blanche puis sont introduits à travers un sas dans
une place dont l'obscurité est totale.
Noémie qui tenait le bras de Janine pour la guider jusqu'à l'entrée, manque de se
cogner contre un mur dés que l'obscurité s'installe. Janine lui explique comment se
servir de sa canne pour repérer le chemin.
Une fois à l'intérieur, Amir, notre guide, lui-même aveugle, nous accueille. Il nous
appelle et nous devons nous diriger au son de sa voix.
Il nous fait pénétrer dans un parc. Une musique simule le chant des oiseaux et
on entend couler de l'eau.
A l'aide de la canne nous partons à la découverte de l'espace. Avec nos mains nous
devons dégager les branches. On sent sous nos pieds une pelouse, on découvre un banc
le long d'un mur et une petite fontaine.
Lorsque nous avons tout exploré, Amir nous appelle pour nous faire passer dans la
pièce suivante. Là nous devons deviner les formes des sculptures posées sur les murs.
Cela prend du temps pour se représenter l'ensemble, mais au bout d'un moment nous
reconnaissons un nez, une bouche et d'autres éléments de ce qui représente un masque
indien.
Suivent salle après salle une simulation de sortie en bateau, une promenade en ville,
un marché aux fruits et aux légumes et enfin un café.
En ville, on se cogne contre les poubelles et contre les mobylettes placées sur le
trottoir, des chiens hargneux aboient. Au marché, on respire ces odeurs d'épices et
on palpe les denrées placées sur les étals. A chaque salle, les visiteurs sont plus
téméraires. Au café, on commande une boisson au bar qu'il s'agit de payer. Les billets
en shekels mesurent tous la même la taille, il faut donc avoir repéré d'avance quels
billets nous possédons. Yaël sait qu'elle avait dans sa poche un billet de vingt
shekels et un autre de cinquante. Elle hésite puis se souvient que le billet de
vingt était très abîmé ce qui lui permet de les différencier. Une fois assise,
lorsqu'elle verse son coca dans le verre, tout déborde.
Nous discutons avec Amir qui commence des études de droits à l'université. En sortant
Noémie s'exclame:" j'avais peur de ne pas pouvoir aller jusqu'au bout mais cela c'est
très bien passé. Je sais maintenant que la cécité n'est pas un handicap qu'il est
impossible de surmonter."
Musée des enfants : Holon
Réservation par téléphone : 1599 58 58 58
www.d-in-dark.co.il
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