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L’année
européenne du handicap est l’occasion pour les organisations spécialisées
qui oeuvrent en faveur des personnes handicapées de se décerner
des bons points, voire des prix d’excellence.
Naguilah
est en droit d’en faire autant, car si nous pouvons être
fiers de tout ce que nous avons entrepris ces vingt dernières
années pour l’amélioration des conditions familiales,
sociales, professionnelles de nos amis handicapés et surtout pour
leur intégration dans la communauté juive, nous ne nous sentons
pas entièrement satisfaits en ce qui concerne la tâche qui
reste à accomplir.
Tant
d’entre eux sont encore dans un isolement cruel, soit au sein de
leur famille, soit dans des institutions spécialisées éloignées
de nous mais peut-être proches d’un centre communautaire.
Y a t-il eu jusqu’à présent des bonnes volontés,
membres de ces centres, prêts à leur apporter un
soutien moral?
Je
pense à ce jeune aveugle de 27 ans, placé dans un C.A.T.
(Centre d’Aide par le Travail) où il vit depuis de
nombreuses années, qui réclame désespérément de pouvoir mener
une vie juive et d’être accepté dans le C.A.T. créé par
Naguilah pour répondre à ce genre d’appel.
Malheureusement, il nous a été impossible jusqu’à ce
jour de faire face à sa demande car il n’existe pas de
foyer d’hébergement juif pour les handicapés physiques.
Il
y a bien des structures juives d’accueil pour les handicapés
mentaux, mais la réglementation est très stricte, aucune dérogation
n’a pu être accordée à Patrice n’étant atteint
que d’un handicap physique.
Naguilah
ne peut se résigner à abandonner ce genre de combat car ce
cas n’est pas unique. Nous avons été aussi impuissants pour
Adrien – 17 ans – en fauteuil roulant, qui a commencé une grève
de la faim pour avoir la possibilité de manger cacher dans le
centre spécialisé où il poursuit des études.
Il
est important également de ne pas oublier les personnes handicapées
obligées de finir leurs vies dans une maison de retraite. Il
semble difficile aux maisons de retraite garantissant une vie
juive à leurs pensionnaires,
d’accepter des personnes handicapées, de telle sorte que
beaucoup de nos membres se sont vus contraints d’être placés
dans des établissements non-juifs. En plus de la pénible
frustration de se couper de leur vie familiale, elles se trouvent
également condamnées à renoncer aux valeurs juives dont
elles se sont nourris toute leur existence.
Nous
croyons donc que la communauté a le devoir de penser à ces
cas douloureux et de faire tout son possible pour aider à
trouver une solution à leurs problèmes.
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