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LE
PERMIS DE CONDUIRE POUR LES MALVOYANTS
Au
Québec, une expérience pilote de permis de conduire grâce
à une aide télescopique.
C'est
en 2000 que l'Institut de réadaptation en déficience physique de
Québec (IRDPQ), en collaboration avec la Société de l'assurance
automobile du Québec (SAAQ), l'Association canadienne des
automobilistes (CAA), l'Office des personnes handicapées du Québec
(OPHQ) et d'autres partenaires ont mis de l'avant un programme
pilote visant la formation et l'évaluation en conduite automobile
de personnes handicapées visuelles.
L'outil
utilisé est le système télescopique bioptique (STB). Le
STB est une paire de lunettes servant à la vision générale
sur laquelle est monté un télescope miniaturisé sur la partie
supérieure de l'un des verres. Cet outil permet d'obtenir l'acuité
visuelle exigée pour conduire.
Les
critères pour participer au programme sont les suivants :
Avoir un champ visuel parfait (100 %) avec les deux yeux
Avoir une acuité visuelle qui se situe entre 6/15 et 6/60 après
correction
Être âgé d'au moins 25 ans
N'avoir jamais eu de permis de conduire
Toute autre caractéristique de la vision, comme la mobilité des
yeux et la vision des couleurs, est évaluée
Avoir sa résidence permanente dans la grande région de Québec.
Témoignage
:
Le
permis d'apprenti nous autorise à pratiquer en compagnie
d'une personne détentrice d'un permis de conduire depuis au moins
deux ans. Cependant, qui fait confiance à un handicapé
visuel pour conduire son automobile ? À cette étape, nous
nous heurtons plus que jamais à nos propres préjugés et
à ceux de la société. Depuis notre enfance, on nous a
persuadés qu'une personne ayant une limitation visuelle comme la
nôtre n'accéderait jamais au privilège de la conduite
automobile. Bien qu'ayant confiance en nous, et sachant que nous
avons réussi les étapes préliminaires avec succès, les
amis ou les parents qui nous entourent gardent certaines réticences
à nous laisser conduire leur véhicule. Lorsque nous
conduisons en leur compagnie, ils tentent de nous aider en nous
indiquant des informations visuelles qu' ils croient hors de notre
portée. Il faut donc prendre le temps de se faire confiance, de
discuter et d'expliquer les habiletés acquises. Une fois démystifiée,
la situation est toute autre et la confiance grandit tant chez le
conducteur que chez les passagers.
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