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Nous
avons un énorme avantage sur les valides : nous pouvons
toujours croire que, sans handicap, nous aurions été des types
formidables.
Quand
vous aidez un handicapé dites-vous bien que c’est lui qui vous
aide à être un homme.
Il
est tentant d’accuser le handicap d’être la cause de ses
échecs plutôt que de s’accuser soi-même.
Je
me demande si un handicapé travailleur est un handicapé qui
travaille ou un travailleur qui est handicapé ? Quelle est
la qualité qui transcende l’autre ? La question est
d’importance car de la réponse découle toute la philosophie de
l’intégration. Les syndicats par exemple ne semblent pas avoir
encore tranché.
Le
handicap, c’est la fêlure du miroir : désormais il y
a deux images à jamais séparées, l’image de celui que
l’on était avant et qui est toujours là, au fond de soi,
et l’image de celui que l’on est devenu, de l’autre coté de
la fêlure. Elles ne coïncideront plus.
Je
ne suis et ne me sens handicapé ni en travaillant, devant ma
feuille blanche, ni devant mon assiette, ni en dormant, ni dans
l’eau, ni au volant de la voiture. Mais où donc le
suis-je ?... Seulement dans le regard des autres.
Ce
que la maladie ou le handicap n’arrive pas à abattre,
l’indifférence et la solitude y arrivent à coup sûr :
elles tuent le désir de vivre.
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