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Le braille stigmatisant?
on entend çà et là dire que le
braille serait stigmatisant. Mais en quoi l’est-il plus que les
appareillages optiques ou qu’un ordinateur avec Zoomtext ? Le braille
n’est-il pas beaucoup moins stigmatisant que la canne blanche ou que la
montre sonore ? Il peut même amuser les voyants, alors qu’une canne
blanche ne les fera jamais rire et qu’une montre parlante leur mettra
très vite les nerfs en pelote. Et si on me répond que la canne blanche a
une utilité incontournable, je dirai bien entendu que c’est vrai, mais
que cet argument prouve qu’on n’a pas compris à quel point le braille
est indispensable à l’autonomie et même à la sécurité des personnes, si
on pense notamment à l’étiquetage des produits pharmaceutiques.
Ce qui est stigmatisant, c’est le handicap et le regard que les
autres portent sur lui. Et ce n’est pas en renonçant au braille qu’on
échappe à la stigmatisation : ce serait comme renoncer à marcher pour
que les gens ne voient pas qu’on boite, ou renoncer à parler pour que
les gens n’entendent pas qu’on bégaye. On ne peut échapper à la
stigmatisation qu’en combattant la stigmatisation elle-même. C’est pour
ce combat que les administrateurs et les salariés de nos associations
doivent chercher tous les moyens d’aider les personnes qui perdent la vue.
Bertrand VERINE
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Aveugle, non voyant ou déficient visuel? Les termes "politiquement corrects".
Si dans les medias, il est désormais incorrect d'employer des termes comme infirmes, les avis sont partagés sur l'utilisation des mots aveugle ou sourd.
Les principaux concernés ne semblent pas être dérangés outre mesure par ces appellations.
Interrogés àce sujet, Yossi Bar Timor considère que ces conventions de langage sont assez superficielles et qu'il n'a ressenti aucune modification dans le comportement des gens àson égard depuis que le mot aveugle n'est plus écrit.
Ronit Sherman, directrice de l'institut Zusman pour sourds et malentendants, explique que se sont parfois les appellations "politiquement correctes" qui peuvent se révéler plus blessantes que les termes "sourd" et "aveugle" Les conventions de langage changent d'une époque àl'autre. Lorsque j'étais petite, les médecins m'avaient expliquéque "déficient auditif" était le terme àutiliser pour qualifier mon état. J'ai eu beaucoup de mal àsupporter cette expression, car pour moi, "déficient " sonnait médical mais aussi péjoratif, synonyme de manque.
Or je ne manquais de rien.
Avec le temps, je m'y suis habituée et aujourd'hui ce qualificatif ne me fait ni chaud ni froid. Mon regard a changé, je me définis moi-même comme déficiente auditive et je n'en ai plus honte."
Tiré du journal hamodia
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Depuis que je vois mal, j'ai l'impression que les autres ne me voient plus ou, plutôt ne me regardent plus. Ainsi, j'ai remarqué un changement dans la manière dont on me désigne: Je suis devenue la voisine du 34 ou la dame qui ne voit pas. IL me semble que j'ai perdu mon identité d'être humain (je suis la voisine) et de femme (la mal voyante).
On me confond désormais avec un état (la déficience visuelle) et je me sens niée en tant que personne et en tant que femme.
Je ne veux pas être réduite à un être asexué que l'on plaint ou protége et dont on n'imagine pas qu'il puisse avoir encore envie de plaire et d'être aimé.
Jacqueline .L
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Je me permet de vous écrire pour vous relater une anecdote qui le pense illustrera bien les histoires que j'ai pu lire dans votre rubrique Préjugés.
Naomi une de mes connaissances non voyante était un jour dans un autobus et s'apprêtait à descendre, une femme se trouvait près d'elle pour l'aider.
Chaque marche descendu, elle applaudissait en disant :"Allez hop encore une Bravo, et une de plus hop la"
Très bien vous avez descendu toutes les marches"
Naomi pensa- dans son désir de ne pas mal juger son prochain- que cette femme devait sûrement être jardinière d'enfant.
Elle se sentit cependant assez honteuse d'avoir été traitée comme une incapable.
Elle me raconta qu'à une autre occasion, elle portait un chapeau sur la tête quand soudain elle sentit qu'une personne inconnue le lui redressait.
Elle en éprouva une grande colère.
"Il est possible que l'on me dise délicatement que mon chapeau n'est pas droit et me proposer de le relever.
Mais ne pas oublier de nous témoigner du respect, et surtout nous laisser décider quand nous avons besoin d'aide."
J'espère que ce témoignage vous aura plu, qu'il trouvera sa place dans votre rubrique "Préjugés" pour que vous puissiez en faire profiter vos internautes.
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Carte Bancaire!
A-t-on
pensé aux difficultés que rencontrent les déficients visuels
lorsqu’ils désirent utiliser un distributeur automatique de
billets ou une machine de paiement par carte bleue?
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Manuel de communication avec les vivants de l'autre monde:
1. partir du principe que la cécité peut susciter de l'angoisse chez celui qui voit.
2. Supposer donc, que toute personne venant à ma rencontre qui ne me connaît pas et découvre mon état peut en ressentir de l'embarras, sinon une forme d'anxiété.
3. En conséquence:tenter de mettre mon interlocuteur le plus à l'aise possible en ma compagnie.
4. Dans ce but, blaguer, à l'occasion, de mon handicap:l'humour est le meilleur antidote contre l'angoisse.
5. Ranger ma canne quand elle n'est plus nécessaire, afin de faire disparaître la marque du stigmate.
6. Ne jamais jouer de mon état pour obtenir un quelconque privilège; mais accepter un petit coup de main si nécessaire.
7. Eviter tout ton plaintif ou agressif susceptible de parasiter la rencontre.
8. Accepter de parler de mes yeux avec mon interlocuteur, s'il m'interroge sur ce point, pour lui montrer qu'il ne s'agit pas d'un sujet tabou.
9. En venir cependant au plus vite à l'essentiel:l'objet de notre rencontre, afin de lui faire comprendre que ce problème visuel est secondaire.
10. Enfin communiquer normalement avec mon interlocuteur.
Jacques Sémelin
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Natacha de Montmollin, Non-voyante, maman et ex-championne du monde de ski.
Tiré du site Blind life
Natacha de Montmollin est aveugle de naissance. Et alors? Elle a collectionné les médailles d’or en ski, et aujourd’hui elle tient dans ses bras sa plus belle victoire: ses deux petites filles.
Parcours d’une femme pour qui canne blanche ne rime pas avec béquille.
"Aveugle et mère, c'est possible!"
«J’ai été plusieurs fois championne du monde de ski et aussi, à une reprise, championne d’Europe de tandem.»
Ce n’est qu’une fois sevrée de compétitions qu’elle a pu s’ouvrir à l’amour.
«Roland, je l’ai connu durant mes études d’informatique. Je cherchais quelqu’un avec qui courir et il s’est proposé" ils se marièrent et eurent… deux charmants enfants!
Cette belle histoire n’a toutefois pas débuté comme un conte de fées. Loin s’en faut.
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