Le 26 janvier 2007 était un jour comme les autres pour Arié qui sortit avec sa femme à l'opéra à Tel Aviv.
Le lendemain il ouvrait les yeux pour découvrir qu'il ne voyait plus.
"Je suis handicapé à 200%, 100% pour la perte de la vue, et 100% pour l'insensibilité que j'ai à la lumière. Je ne fais pas la différence entre la lumière et l'obscurité " nous explique t'il.
Avant cette date fatidique de janvier 2007 Arié possédait une boite informatique des plus florissantes, et enseignait également l'informatique.
Il nous explique alors, qu'un homme qui devient aveugle n'est plus qu'un handicapé, comme si la cécité balayait tout sur son passage, les connaissances, l'expérience et le potentiel de la personne concernée.
Au début de ma condition d'aveugle, quand je voyageais en taxi, le chauffeur posait la question à ma secrétaire sur le lieu de ma destination comme si le fait de ne pas voir, m'affublait également de surdité.
Arié sombra dans une dépression sans précédent : » quand je compris que cette situation était irréversible, je perdis toute combativité, je cherchais le meilleur moyen d'en finir avec la vie. »
Et puis un jour, son fils et sa femme vinrent en visite.
" Ma bru (orpheline depuis l'âge de 18ans) demanda à me parler.
Elle me dit :"Il est vrai que je ne te connais pas depuis longtemps, mais d'après ce que j'ai pu entendre de toi, tu es un homme brillant, et pourtant tu te conduis comme un imbécile."
Je lui répondis qu'elle ne pourrait jamais comprendre, que je n'aurais pas la chance de voir mes petits enfants…"
Elle se tut quelques instants puis me dit ;
" c'est vrai tu as raison, tu ne pourras pas les voir, mais tu les serreras dans tes bras, tu les sentiras, et tu pourras jouer avec eux quand ils grandiront…Tu ne crois pas que mon père aurait aimé être à ta place ? "
Après le repas je la serrais dans mes bras en la remerciant.
Un changement s'opérait en moi…
"Je continuais après quelques hésitations à enseigner.
Des étudiants me dirent un jour "…ce que tu nous a appris de la vie est plus important que l'informatique".
Le message principal étant que rien ne résiste à la volonté.
L'handicap se situe surtout dans la tête.
Arié nous raconte alors son parcours du combattant dans les diverses institutions médicales et sociales, ainsi que l'impression de n'être plus un homme mais un objet.
A force de courage et de persévérance entouré de sa femme et de ses enfants, Arié a aujourd'hui, une vie complètement autonome, et avec son chien guide « Evelyne » il voyage désormais partout.