|
Danielle
Kalifa, la jeune non-voyante de Nétanya a été enrôlée dans
les rangs de Tzahal.
«
J'attends avec impatience cette fin de semaine pour pouvoir dormir
davantage et récupérer les heures de sommeil qui me manquent
tant » nous dit-elle. Car, pour Danielle atteinte de cécité dès
sa naissance, son admission à Tzahal est la réalisation
d'un rêve et marque sa victoire d'être engagée comme
tous les jeunes d'Israël. Elle s'était bien jurée de ne
renoncer à rien et de n'accepter aucune concession à
cause de son infirmité.
Jusqu'ici,
elle a réussi en grand. Elle a décidé qu'elle pouvait faire
comme les autres et parfois même plus ! Elle l'a prouvé en
faisant du kayak, en étudiant au conservatoire de musique, en
parlant trois langues, et en lisant au moins cinq livres par
semaine. . . . . .
Danielle
a reçu sa feuille de route après une lutte acharnée
contre la bureaucratie militaire, qui lui a finalement permis de
commencer son service. Lorsque nous lui avons demandé dans quel
corps elle voulait servir, elle nous a répondu avec franchise:«
Je veux arriver à Galei Tzahal, la station de radio
militaire peu importe de ce que je ferai:
speakerine,
productrice, rédactrice musicale; l'essentiel est d'y entrer ».Elle
a réussi!
Question
: Raconte» nous ton
premier jour de service»
R.
À mon arrivée, j'ai été affectée comme sentinelle
à l'entrée de la discothèque, et
très
vite tout le monde m'a aidée; j'ai appris à reconnaître
les voix, le deuxième jour, j'ai
commencé
à faire de la rédaction après avoir suivi un
apprentissage d'une demi-heure.
Question
: Comment est-ce que
tu rentres chez toi ?
R.
En bus, bien entendu! Je voyage déjà seule parce que je me
sens plus
indépendante
et que je fais confiance aux gens.
Question
: Comment se
conduisent envers toi tes collègues?
R.
L'officier responsable de la discothèque me traite comme
une soldate ordinaire.
J'ai
tous les matins une revue à huit heures et demi avec les
autres. Le problème est que par moments, ils voient trop en
moi une soldate ordinaire ; Lundi dernier, par exemple, l'adjudant
de service m'apostrophe en me disant: « Soldate ton képi est
à l'envers ».Je lui réponds: «Excusez-moi, je n'ai pas
vu. » Mais en bon adjudant, il me répond: «Ca ne m'intéresse
pas, tu dois faire plus! »
Question
: Tu es donc
contente de t'être enrôlée?
R.
Tu ne peux pas savoir combien, je n'arrive pas à croire que
je suis soldate !
|