GRAND RABBIN ALAIN YAACOV GUEDJ

Chaque semaine, le Grand Rabbin Yaacov Guedj commente pour Naguilah la Paracha de la semaine sur un ton humoristique.

Originaire de Constantine, le Grand Rabbin Guedj est arrivé en France en 1956 où il a suivi le séminaire rabbinique. En parallèle, il a étudié la philosophie juive et musulmane médiévale à la Sorbonne ainsi que l’hébreu à l’Institut des Langues Orientales. Pour couronner son parcours, il a été reçu à la très réputée Yechiva University de New York pour une année d’études.

Il a pris son premier poste de rabbin en 1969 dans la communauté de Montpellier. Officiant toujours dans le sud de la France, le Grand Rabbin a rejoint Marseille en 1974 puis Toulouse et enfin Cannes où il est resté 14 ans.

Le Grand Rabbin a découvert très tardivement qu’il était atteint d’une maladie génétique qui touchait la rétine. Il a perdu progressivement la vue mais a continué de diriger sa communauté durant de nombreuses années. Il a notamment fondé l’association Tal Orot qui vient en aide aux aveugles juifs.

En 2001, le Grand Rabbin a fait son Alyah. Il s’est installé à Kiryat Arba avec sa femme. Il est aujourd’hui actif dans le milieu des déficients visuels et enseigne à la Yechivah Ben Tov, destinée aux non-voyants. Il participera à la rédaction de notre Livre Blanc pour les questions de Halakha.
Le grand rabbin raconte sa fascination pour les mots : "J'adore les mots, ils sont un refuge; on leur choisit le sens que l'on désire. Un mot c'est comme un artiste sur une scène, il peut changer de costume et de rôle. Le mot peut être rigueur ou douceur.
La parole est très importante dans la thora. L'homme n'est pas le pensant, c'est le parlant. De la pensée, il faut être capable de faire sortir un mot.
J'ai toujours été fasciné par ceux qui travaillaient les mots parmi les humoristes".
Citant Bergson, il enchaîne sur le rire:
"Le rire permet de prendre de la distance, rire d'une situation dramatique c'est une façon de dire : je me rassure, moi je vais bien"
Les mots les rires, ce sont les ingrédients de ses commentaires humoristiques sur la paracha:
"Là je regarde la torah comme si les héros m'étaient très familiers. Les gens regardent la torah comme une histoire sainte, des personnages désincarnés, une fiction qui ne vit pas. Avec l'àge et l'approfondissement des textes, j'ai pu imaginer mentalement la physionomie de chacun. Cette approche me permet d'avoir le droit de jouer avec eux. Ce n'est pas de la dérision. C'est comme un petit fils qui parlerait à son grand père"