BRUNO NETTER - COMEDIEN

Lorsque Bruno Netter est remonté sur les planches après avoir perdu la vue, Naguilah a eu le privilège de faire plusieurs émissions de radio avec lui. Les murs des studios vibraient d’enthousiasme en l’entendant dire des poèmes de Rimbaud.

En 1978, lorsqu’il obtint son diplôme de l’Ecole d’Art Dramatique de la rue Blanche à Paris (devenue l’E.N.S.A.T.T. et transférée à Lyon), c’est la promesse d’une brillante carrière qui s’ouvre à lui. En 1981, à la suite d’une tumeur au cerveau, il perd la vue. On avait pu auparavant apprécier toute l’entendue et la diversité de son talent à travers plusieurs pièces de W. Shakespeare, ses spectacles avec Georges Brassens ou sa prestation dans “l’Aigletierre” d’Henry Troyat diffusée à la télévision.

Apres la déclaration de sa maladie, 3 années ont suffit pour qu’il puisse prouver au monde entier que le handicap ne peut avoir raison des êtres qui ont quelque chose à transmettre. En 1984, il reprend son métier de comédien et joue “une saison en enfer” d’A. Rimbaud. Et le voila pris dans un tourbillon de spectacles qui n’a cessé jusqu’à ce jour. Apres le succès du “malade imaginaire” sous la direction de Philippe Adrien, Bruno Netter va reprendre “Chlore et froissement de nuit” qui a ému tout un public. Cette pièce, il l’a déjà présenté aux côtés de Monica Companys, une comédienne sourde qui comme lui utilise l’art comme moyen d’expression, permettant ainsi de “briser le mur de la différence”. Ce spectacle raconte lhistoire de deux enfants, un petit garçon aveugle et une petite fille sourde qui se retrouvent enfermés dans une piscine.

Pour Bruno Netter, l’artiste militant, cette réalisation est un moyen pour faire progresser dans les esprits l’approche de la “différence”, sans qu’il y ait de crainte de la part du public, mais au contraire une ouverture.

Si l’on demande a Bruno Netter comment il a pu s’en sortir, il répond tout simplement: “il faut trouver sa formule qui permet d’éviter l’écueil, de tomber dans le piège de ce que les gens pensent devoir nous conseiller de faire. Chacun a sa formule et, c’est ainsi que l’on trouve sa liberté. L’important est de connaître ses limites et de pouvoir les dépasser. Etre devenu aveugle m’a permis d’aller au-delà des barrières. L’art m’a donné le moyen de les dépasser”.