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Le grand Rabbin guedj
Le grand Rabbin guedj a perdu progressivement la vue.
En 2001, il a quitte sa communauté de cannes et est venu s'installer en Israël.
Originaire de Constantine, le grand rabbin Guedj est arrive en France en 1956 ou il a suivi le séminaire rabbinique. En parallèle, il a étudié la philosophie juive et musulmane médiévale à la Sorbonne ainsi que l'hébreu à l'institut des langues orientales.
Pour couronner son parcours, il a été reçu à la très réputée Yechiva University de New York pour une année d'études.
De retour des états unis, il s'est marié.
Sous la tutelle de grand rabbin Kaplan, il a alors pris son premier poste de rabbin, en 1969, dans la communauté de Montpellier.
Officiant toujours dans le sud de la France, le Grand rabbin a rejoint Marseille en 1974 puis à Toulouse et enfin Cannes ou il est resté 14 ans.
"J'ai eu la chance d'être rabbin tout le temps" explique t'il.
A Cannes, il fonde une association pour les déficient visuels a laquelle il trouve le merveilleux nom de Tal orot: la rosée de lumière.
C'est l'expression qu'emploie Isaïe lorsqu'il parle de la résurrection des morts physique et spirituelle. L'être humain revient à la vie au sens large du terme.
Le grand rabbin Guedj a découvert tres tardivement qu'il était atteint d'une rétinite pigmentaire.
"Ca s'est déclaré progressivement. J'ai éprouvé d'abord des vertiges mais on n'a rien découvert. Lorsque j'ai appris ma maladie, je ne me suis pas senti affecté. J'ai continué sans prêter gare et j'ai tenu le coup pendant un certain nombre d'années"
Le grand rabbin a du progressive ment renoncer a la conduite puis a la lecture.
Il lui en a beaucoup couté de quitter sa communauté, " le rabbin a une activité intellectuelle qui repose sur les yeux".
L'alyah
Ses enfants résidaient Israël. Il a fait son Aliya à son tour et les a rejoints avec sa femme. Il relate les moments difficiles pour accepter sa cécité.
"Quand on perd la vue, on se rend compte combien l'homme est identifié à ce qu'il créé. Alors il faut trouver un chemin."
Et ses difficultés d'insertion en Israël "En France, le rabbin est proche des gens dans tous les domaines de leur vie. On est le conseiller dans la vie des gens. C'est cette dimension là de ma vocation qui me manque encore parce que la structure sociale est différente ici"
Les mots sont un refuge
Le grand rabbin Guedj raconte sa fascination pour les mots, J'adore les mots ils sont un refuge; on leur choisit le sens que l'on désire. Un mot c'est comme un artiste sur une scène, il peut changer de costume et de rôle. Le mot peut être rigueur ou douceur.
La parole est tres importante dans la torah.
L'homme n'est pas le pensant, c'est le parlant. De la pensée, il faut être capable de faire sortir un mot. J'ai toujours été fasciné par ceux qui travaillaient les mots parmi les humoristes."
Citant Bergson, il enchaine sur le rire: "Le rire permet de prendre de la distance, rire d'une situation dramatique c'est une façon de dire je me rassure, moi je vais bien"
Les mots, le rire, ce sont les ingrédients de ses commentaires humoristiques sur la paracha:"La je regarde la torah comme si les héros m'étaient familiers. Les gens regardent la torah comme une histoire sainte, des personnages désincarnés une fiction qui ne vit pas.
Avec l'âge et l'approfondissement des textes, j'ai saisi la parente charnelle avec les personnages de la torah.
J'ai pu imaginer mentalement la physionomie de chacun.
Cette approche me permet d'avoir le droit de jouer avec eux. Ce n'est pas de la dérision. C'est comme un petit fils qui parlerait à son grand père."
Il nous parle ensuite de son activité et de ses projets." On m'a d'assurer les cours de la yechiva ben tov des non voyants. C'est important d'enseigner. J'apprends des étudiants autant qu'eux. On est toujours dépendants des autres."
Le grand rabbin a également des projets musicaux. "J'aimerais donner un visage nouveau à nos vers de Constantine. Rendre accessible les vieux airs de chez nous aux oreilles des nouvelles générations. En conservant l'originalité j'aurais souhaité leur donner un porte voix, avec par exemple un accompagnement au piano ou à la harpe."
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Interview de Gilbert Montagné realisé par Naguilah.
Naguilah: Tu fais partie du monde du show-business et grâce à ta célébrité, on ne s'adresse certainement pas à toi comme on s'adresse aux autres personnes non voyantes. Je sais que tu as beaucoup souffert dans ton enfance des réflexions de certaines personnes qui plaignent les handicapés…
Gilbert: Eh bien, je vais essayer de dévoiler mes premiers souvenirs. Lorsque j'étais tout petit, ce qui me semblait toujours étrange était le décalage incroyable entre ce que je vivais à la maison –j'avais une vie tout à fait normale, de petit garçon - et dans la rue, c'était des regards-je les sentais car un regard ça se sent. Quand je passais avec maman, j'entendais souvent les gens faire des commentaires tels que : "Ah le pauvre petit, c'est triste quand même si jeune…" Je comprends qu'on puisse trouver ça triste mais ce qui est dommage, c'est que ce soit la première pensée qui vienne à l'esprit, parce que ça n'a rien de triste. Pour ma part je n'ai jamais pensé que ma situation était triste. On m'a toujours expliqué les causes de ma cécité: j'étais un enfant prématuré et en 1951 le dosage de l'oxygène dans les couveuses n'était pas au point.
J'étais un petit garçon heureux et je ne comprenais pas le ton plaintif des gens sur mon passage.
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Je te salue Danielle
Danielle
Kalifa, la jeune non-voyante de Nétanya a été enrôlée dans
les rangs de Tsahal.
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Pascale
Pascale a été amputée des deux jambes il y a quelques années, à la suite d'un accident sur la voie ferrée. Elle avait 17 ans.
Un an plus tard elle accordait un rendez vous pour Naguilah…
Naguilah:J'aimerais pascale que tu nous parles des problèmes techniques que tu as rencontrés depuis ton accident? De se retrouver brutalement sur un fauteuil roulant est une épreuve qui doit être difficile à surmonter?
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« Entendre avec le Cœur »
Rahel Drori Nesher remercie Dieu d'être née sourde et nous explique qu'elle est ouverte et perceptive à toutes formes d'écoute.
Elle s'attache malgré son handicap à prendre la vie du bon côté.
Elle est née, il y a 39 ans, de parents entendant et nous explique qu'elle est la première de sa famille à être née sourde… "Quelle honneur" !...nous dit-elle en riant.
Rahel a appris à lire sur les lèvres et l'on oublie vite qu'elle est malentendante
La surdité nous dit-elle, n'est pas seulement fonction de l’oreille. Il y a, ce qu'elle appelle, la surdité du cœur.
Il ne faut pas regarder l'extérieur, le handicap, mais la profondeur de chaque individu.
Pour faire passer ce message Rahel a travaillé de nombreuses années à l'écriture de trois livres dont l'un d'entre eux s'appelle : " Sourde… et alors ? "
Elle a commencé à l'écrire en classe de 6ème quand elle se rendit compte du manque de livres parlant du problème des malentendants.
Son deuxième livre a pour sujet : le célibat.
En effet, elle nous explique avec une grande simplicité que les décisions de D. ne nous appartiennent pas et que chaque individu a son propre chemin à accomplir dans la vie.
Le 3ème livre est de la poésie qu'elle a écrite au cours des ans.
Son parcours, elle le commença à l'école primaire de Bné Brak où elle fut intégrée dans une école normale.
Elle fit son service national, puis intégra la sphère des hautes études où elle obtint son diplôme du second cycle en éducation spécialisée.
Je ne pense pas dit-elle, qu'un diplôme vienne témoigner de la réussite d'un individu.
La vraie réussite personnelle tiendrait plutôt de la capacité de chacun, d'apprendre et d'intégrer son propre parcours de la vie, afin d’en tirer des conclusions positives quant à sa progression.
Elle nous raconte son long et laborieux parcours pour trouver du travail. Les préjugés, la peur des gens face au handicap n'ont pas rendu les choses faciles.
Cependant, c'est avec un optimisme hors du commun, qu'elle nous dit, que finalement, les gens nous renvoient l'image que nous avons de nous même.
Il est vrai que parfois il faut se dépasser, mais le résultat est toujours présent pour celui qui sait être patient.
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Liran Franck
Il y a cinq ans Liran Franck perdait totalement la vue en l'espace d’une semaine.
Il a pourtant pris la décision d'aller de l'avant et de prouver au monde que le handicap n'est pas synonyme de prison.
Il est aujourd'hui moniteur dans un musée dans le cadre du programme "dialogue dans le noir", étudiant brillant et surtout professeur d'anglais.
Il pénètre dans sa classe guitare à la main et commence à chanter avec ses élèves des chansons en anglais. Méthode astucieuse pour leur faire apprendre de nouveaux mots.
Quand on lui parle de discipline, il nous répond que l'enseignement ne passe pas seulement par la vue mais il est aussi fonction de la personnalité de l'enseignant.
Liran souffre depuis son plus jeune âge d'une détérioration de la vue due à une maladie dégénérative de la rétine.
"Je suis un homme croyant et je pense que D. ne donne à personne une mission qu'il n'est pas capable d'assumer, ni d'épreuves qu'il ne soit possible de surmonter."
« Je vis donc ma vie sans révolte, avec beaucoup de sérénité » nous dit-il….
Liran ne fut pas enrôlé dans l'armée, il se dirigea vers des études supérieures à l'université de Tel aviv.
"Durant toutes ces années à la fac, je sentais que je devais agir pour les enfants souffrant de malvoyance, leur donner la possibilité d'être indépendants.
Au cours de ses études Liran s'est aperçu un jour qu'il voyait de moins en moins ; il n'en a parlé à personne.
Son humeur nous raconte t-'il, variait des pleurs à un sentiment d'impuissance face à cette épreuve. En une semaine il perdit 95% de sa vision.
Cependant nous dit il, nos choix nous permettent de nous mesurer aux épreuves subies.
La réalité nous ne la choisissons pas, mais notre manière de réagir à l'épreuve, est un choix que nous avons tout au long de notre vie.
La question serait alors non pas "pourquoi" mais "comment " progresser avec l'épreuve dans le sens de la vie.
Liran a choisi d'avancer et de faire reculer les préjugés que les gens ont à l'égard des handicapés.
Aujourd'hui Liran s'occupe d'enfants voyant ayant des difficultés en anglais.
« Je suis aujourd'hui différent de ce que j'étais avant de devenir aveugle, mais cela n'a en aucun cas freiné ma progression ».
J'aspire à aider les personnes handicapées et à leur faire prendre conscience de leur valeur malgré leur handicap
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galith Agmon
L'histoire de Galith Agmon est une belle leçon de courage que nous aimerions vous faire partager.
Il y a 21 ans michal accouchait d'une petite fille après une douloureuse opération.
La joie qu'elle éprouva fut désamorcée par la venue d'un médecin quelque temps après la naissance, qui lui annonça, sans préliminaire, que son bébé était né sans œil gauche et que l'œil droit ne voyait quasiment pas.
De retour à la maison, les jeunes parents ont dû surmonter des difficultés non seulement techniques mais également psychologiques.
Le développement d'un enfant qui voit se fait de manière naturelle par le processus d'identification et d'imitation.
Chez l'enfant aveugle, les parents se doivent de lui procurer des stimuli adéquats pour son développement.
Michal nous donne l'exemple de l'apprentissage de la reptation qui chez l'enfant aveugle doit être commandité par des stimulis sonores et non visuels.
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Myriam
Elle est une des plus fidèles amie de Naguilah.
Elle est née aveugle avec d'importantes déformations osseuses.
Apres avoir été mise en couveuse elle a été transféré en Bretagne dans un centre spécialisé pour les enfants malades ayant des problèmes semblables aux siens jusqu'a l'âge de sept ans.
Par la suite elle fut accueillie dans un internat géré par les sœurs de St Paul à Paris.
Pour les parents qui étaient divorcés prendre le train pour aller lui rendre visite leur semblaient un effort insupportable.
Ainsi Myriam a été privée de toute affection familiale devant de très longues années.
Une fois placé à l'école des aveugles de St Paul, ces grands parents la prenaient chez eux deux fois par mois le weekend end.
Nous n'avons découvert son existence qu'à son adolescence.
Plus tard nous avons réussi à l'insérer au sein de notre association où elle a découvert le judaïsme avec beaucoup d'enthousiasme.
Sa foi et sa pratique étaient pour elle une revanche sur les années passées.
Elle est devenue une cheville ouvrière de notre centre d'aide par le travail (cat).
Puis elle a manifesté le désir d'aller plus loin dans sa vie juive et de faire son Aliya.
Malgré toutes les difficultés que l'on peut imaginer pour s'intégrer à la société israélienne, Myriam a prouvé comme l'on fait tout nos amis handicapés de Naguilah que la volonté et l'idéal religieux viennent à bout de tout.
A Jérusalem, Myriam travaille actuellement dans un atelier protégé pour non voyant et vit dans un studio réservé aux personnes du troisième âge malgré ses 43 ans.
Elle reste encore frustrée de n'avoir eu ni père ni mère auprès desquels elle pourrait trouver Amour et réconfort.
Elle exprime souvent le désir de pouvoir au moins leur téléphoner mais elle ne perd pas l'espoir d'y arriver.
Elle puise toutes ses forces dans une foi sincères et c'est ainsi qu'elle arriver à combler un vide affectif qui est pour moi la vraie définition de la cécité.
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Portrait de femme d’exception - Edith Thoueille
Cette semaine, nous vous emmenonsà la rencontre d’Edith Thoueille, ancienne infirmière en unité de réanimation néo-natale. De rencontres en rencontres, elle change de carrière pour aider les femmes handicapées visuellesà accéderà la parentalité ainsi qu’à toutes les aides auxquelles elles ont le droit.
« C’est un combat que je mène depuis bientôt 23 ans autour de l’accès à la parentalité des personnes porteuses d’un handicap. »
Responsable du Service d’Aideà la Parentalité des Personnes Handicapées, elle participera notammentà la mise en place d’outils de transcription dont l’échelle de Brazelton.
Aujourd’hui, elle accompagne les femmes handicapées afin qu’elles accèdent au droit universelà l’autonomie età la parentalité.
Cependant, « le besoin des femmes déficientes visuelles reste majeur autour de cette problématique de la parentalité. Or, dans leur environnement, les professionnels de la santé et les familles ont des réactions émotives violentes. »
Edith Thoueille donneà ces femmes les clés pour adapter leur vie quotidienneà leur future parentalité.
« Bêtement, quand j’ai rencontré la première maman aveugle congénitale que j’ai eue en charge, j’ai fermé les yeux. Tentant de m’imaginer son monde. Or, fermer les yeux c’est s’imaginer& ecirc;tre dans le noir, mais un aveugle n’est pas dans le noir. Le noir c’est une couleur. Il ne faut pas se représenter comme ça. »
Grâceà l’aide de Christine Mirabel-Saron, psychiatre et non-voyante, et de Michel Soulé, professeur de pédopsychiatrie, elle a pu avancer dans ses recherches, développer une sensibilisation nationale et internationale, et surtout mettre en place un accompagnement pour les femmes handicapées visuelles qui aspirentà devenir mamans.
« Une fois que son bébé est là, ses réponses s’organisent par rapport aux sollicitations de son bébé. Ces sollicitations ne sont pas décodées par des images mais comme des contours rythmiques repérésà partir des tensions du bébé.
Les pleurs, le dialogue tonico-corporel de l’enfant qui vont signifier un déplaisir, mais aussi une détente qui va signifier un plaisir. »
Pour elle, ces enfants ont la chance d’évoluer dans deux mondes différents, celui des images visuelles, et celui des images olfactives, auditives, sensorielles.
Elle veut ainsi : « Permettreà ce bébé de rentrer dans le bilinguisme relationnel : ces enfants ont une chance extraordinaire est qu’ils sont bilingues car ils ont deux canaux de réceptions. Celui de la personne handicapée et de la personne non-handicapée. »
« Ces femmes m’ont donné une vie extraordinaire. Grâceà elles j’ai quitté une médecine héroïque, que je croyais être la plus glorieuse. Aujourd’hui, grâce à l’expérience acquise grâceà ces femmes, aux sciences humaines et aux sciences sociales, j’ai eu une carrière fantastique. »
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Ariella Savir
Chaque être humain possède une histoire qui lui est propre et qui suscite parfois bien des émotions.
Ariella Savir auteur à succès d'histoires pour enfants est devenue aveugle à l'âge de huit ans.
Elle vient de publier un livre autobiographique "Liora" convenant aussi bien aux enfants qu'aux adultes.
Ariella est née et a grandit au moshav Orot où ses parents travaillaient la terre. "J'étais une enfant calme et timide" les huit premières années de ma vie j'ai essuyé de nombreux échecs.
Des jeux tout simples comme le lancer de ballon ou le cache cache était pour moi une grande source de frustration.
Je suscitais les rires et moqueries des enfants quand je n'arrivais pas à attraper le ballon que l'on me lançait.
Je n'étais pas intégrée dans la classe et étais souvent rejetée.
A l'âge de huit ans, après un examen de la vue routinier dans le cadre de l'école, Ariella fut envoyée d'urgence chez un ophtalmologiste qui diagnostiqua une maladie dégénérative de la rétine dont l'issue est la cécité totale.
Les médecins ne savaient pas quand cela se produirait mais ils étaient formels quant à l'issu de la maladie.
Il fut alors conseillé à mes parents de me placer dans un institut pour jeunes aveugles mais je ne voulais pas quitter ma maison.
Ariella poursuivit donc une scolarité dans une école normale « Je ne sais pas si cette décision fut la bonne car je n'appris pas le braille »
J'avais honte de poser des questions ; je ne pouvais apprendre sans mes yeux. "
Apres ses études, Ariella se porta volontaire au sein de Tsahal dans l'aviation puis étudia la musique.
Elle poursuivit sa carrière musicale dans des jardins d'enfants en tant qu'animatrice musicale.
Ariella fit la connaissance de celui qui deviendrait son mari et père de ses huit enfants.
A la naissance de sa deuxième fille elle réunit toutes les chansons qu'elle avait composées pour en faire une cassette.
Ariella était en route pour le succès non seulement sa cassette fut retenue pour être enregistrée et diffusée mais on lui en commanda sept autres!
"Quel bonheur de se sentir capable de réussir un projet" nous confia t'elle.
Puis, avec les années, le couple revint aux sources du judaïsme.
Arielle composa plusieurs disques qui furent un véritable succès auprès du public orthodoxe et religieux.
Un prochain livre devrait être édité sous peu ; Ariella y raconte sa vie quotidienne avec son fils Hagaï autiste de naissance.
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Tsipora
Tsipora aveugle de naissance mariée avec un homme également aveugle ayant subi une transplantation rénale, nous donne des leçons d'optimisme.
Son désir d'être mère ne put malheureusement se réaliser. Cela ne l'empêcha pas de se tourner vers les autres et de remercier son créateur à chaque occasion.
Tsipora est née aux Etats-Unis il y a un peu plus de 50 ans. Très vite ses parents se rendent compte que le développement du bébé est plus lent que celui de sa sœur jumelle.
Après une visite chez le docteur le verdict tombe Tsipora est aveugle...
Revenus du choc occasionné par la nouvelle, les parents de Tsipora décident que tout sera fait pour assurer à leur fille une vie normale et donc , dans l'immédiat, une scolarité identique à celle de sa sœur.
Ils vont même jusqu'à les séparer afin que Tsipora ne développe pas une dépendance qui l'empêcherait de s'accomplir et d'aller de l'avant :
« Mes parents me poussaient à aller toujours plus loin »….
Apres ses études au lycée, Tsipora décide d'aller en Israël afin de passer un an dans une université israélienne.
Tombée amoureuse du pays, elle y restera et reviendra par la suite aux sources du judaïsme.
A l'âge de 22 ans, elle rencontre Chabtaï lui-même aveugle.
« Je ne cherchais pas particulièrement un homme aveugle mais quelqu'un ayant des bonnes qualités de cœur et d'esprit et grâce à D. je l'ai trouvé, nous dit elle. »
La vie semblait nous sourire quand soudain Chabtaï tomba malade d'une insuffisance rénale, il fallait recourir d'urgence à une transplantation en dehors d'Israël.
Quelque temps plus tard, nous apprenions que nous ne pourrions amener des enfants au monde.
Cela été très dur à accepter, pourtant chaque épreuve envoyée est de toute évidence un tremplin qui nous permet de progresser et par cela d'aider son prochain.
« Je me suis lancée dans le domaine du coaching : j'aide aujourd'hui les gens à découvrir le potentiel qu'ils portent en eux et ,par cela, à aller au fond des choses. » Sa maison est toujours ouverte à des jeunes gens venus des 4 coins du monde.
Et en signe de conclusion elle nous dit que chacun est libre de choisir sa vie et qu'il en est de même pour les aveugles. Tout dépend de la manière dont nous choisissons d'appréhender notre vie!
Tiré du journal Arouts 7
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Interview d'Abraham Sofer, l'homme aux mains d'ange
Depuis décembre dernier, Abraham Sofer, vous êtes docteur en ostéopathie. Vous avez obtenu ce diplôme à 62 ans, en deux ans au lieu de quatre, à la demande de l'institut Wingate, pour continuer à y enseigner l'ostéopathie.
Et vous êtes aveugles. êtes-vous aveugle de naissance? Quel itinéraire vous a amené à soigner les gens en manipulant leur os?
Abraham Sofer: J'ai perdu la vue à 35 ans à la suite d'un coup reçu sur la tête qui a provoqué un décollement de la rétine.
J'étais alors technicien supérieur dans l'installation des réacteurs.
Je connaissais bien toutes ces usines nucléaires qui produisent de l'électricité.
Adfi infos: C'était votre formation initiale?
A.S: Pas du tout. En Tunisie, où je suis né, j'ai appris la plomberie sanitaire et j'ai obtenu le diplôme de plomberie sanitaire en France! C'est en fin de parcours en autodidacte, que je suis entré dans le nucléaire.
Adfi info: Vous étiez marié, vous aviez trois petites filles..
AS: Et c'est alors que j'ai eu ce décollement de la rétine. Trois mois d'hôpital à Lyon. Operations. J'en suis sorti aveugle. Ma femme et moi, nous nous sommes séparés. Il me fallait trouver un autre travail. C'était le temps aussi où je suis revenu à la thora.
Il fallait surtout que je me reconnaisse et que je j'apprenne à connaître la cécité, ses inconvénients et ses avantages…, C'est-à-dire les richesses intérieures. En 1988, je me suis remarié, et je me suis mis à la kinésithérapie. Il me fallait acquérir des notions de biologie, physique, chimie, littérature française... A l'examen je suis sorti premier.
AI: votre nouvelle épouse est voyante? Son approche du judaïsme est la même?
AS: Elle est voyante, elle a grandi dans une famille non juive avant de retrouver ses racines et de revenir à la torah, elle aussi. Nous avons eu un garçon et deux filles.
Mon cabinet de kiné marchait très bien et en 1994, ma femme a décidé que nous ferions notre Aliya.
Ce n'était pas facile. D'abord je quittais mes trois filles, de mon premier mariage (elles avaient de 15 à 19 ans) et rien ne disait que la reprise professionnelle serait aise.
AI: Et pourtant, vous avez magnifiquement réussi?
AS: Après un an er demi au Mercaz klita de Raanana, j'ai ouvert un cabinet de Kiné et d'ostéopathie. Mais je n'étais pas diplômé. La chance a voulu que des personnalités du pays se soient fait soigner chez moi, entre autres une journaliste de Yediot aharonot que j'ai pu guérir.
En Août 97, elle a écrit un article sur moi et en quelques jours, mon agenda a été rempli jusqu'en décembre de la même année.
AI: depuis vous travailles dans deux cabinets, l'un à Netanya, l'autre à Ramat Hasharon. Vous avez des rendez vous pris depuis Hong Kong, New jersey, l'Afrique du sud...
Et vous continuez à habituer à Kedoumim. Un ami vous amène au travail tous les matins en voiture et vous me dites que vous revenez en stop. Ça marche vraiment?
AS: Les yeux fermés! Voyez vous, tant de choses ont bien marché, tant de coïncidences heureuses. J'ai eu mon diplôme d'ostéopathe le jour de mon anniversaire selon le calendrier hébraïque alors que la seoudat mitsva, le repas que j'organise pour le début de la lecture du nouveau livre de la torah tombait le même jour.
Si j'ai perdu la vue à Hannouca, c'est au premier jour de Hannouca aussi que nous sommes arrive en Israël et pour la première fois aussi a Hannouca il m'a été donné de terminer l'étude d'un traité talmudique.
Un traitement qui marquera toujours ma vie est celui où j'ai pu soigner un sourd : il lisait sur mes lèvres et mes mains le guérissaient. Il m'a été donné aussi de rendre la vue a un aveugle. Un homme de 40 ans qui avait fait une chute de onze mètres. Depuis lors il était frappé d'hallucinations, sa vue était brouillée mais son nerf optique n'avait pas été atteint. Lors d'une séance de relaxation de quarante minutes j'ai pu agir sur le nerf optique par la pression sur les os. Quand il s'est réveillé, il a crié: Mais je vois ! Sa femme n'a pas voulu le croire jusqu'à ce qu'il décrive les habits qu'elle portait et leurs couleurs.
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Ephraim et Esther
Lorsque j'ai connu Esther elle vivait à Cannes dans un foyer spécialisé pour personnes atteintes d'un handicap moteur lourd.
Elle avait exprimé le désir de se joindre à nous pour un voyage en Israël organisé par Naguilah.
On nous avait déconseillé de la prendre en charge paralysée des deux jambes, d'un bras et avec une mobilité réduite du deuxième. Son handicap nécessitait une aide constante et nous ne disposions pas d'une équipe de bénévoles pour chaque personne handicapée.
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